Poutine appuie le processus diplomatique sur la Syrie

le , mis à jour à 13:41
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    MOSCOU, 17 décembre (Reuters) - Toutes les parties 
impliquées dans le conflit en Syrie doivent faire des 
concessions mais il est hors de question pour la Russie 
d'accepter que des forces extérieures décident du sort des 
dirigeants syriens, a déclaré jeudi Vladimir Poutine. 
    "Nous pensons que seuls les Syriens peuvent décider qui doit 
les gouverner", a dit le président russe, qui s'exprimait à 
l'occasion de sa conférence de presse annuelle. 
    Il a ajouté que les opérations de l'armée russe en Syrie se 
poursuivraient tant que les forces de Bachar al Assad 
poursuivraient les leurs. Poutine a ordonné fin septembre aux 
forces russes d'entrer en action en Syrie en soutien aux forces 
du régime d'Assad. 
    Alors qu'une nouvelle réunion internationale est prévue 
vendredi à New York pour tenter d'accélérer la recherche d'une 
solution politique, le président russe a apporté son soutien aux 
travaux en cours en vue de l'adoption d'une résolution du 
Conseil de sécurité de l'Onu sur la Syrie. 
    "Nous ferons tout pour aider au règlement de cette crise", 
a-t-il dit. "Nous soutenons l'initiative des Etats-Unis au sujet 
d'une résolution de l'Onu." 
    Il s'est interrogé par ailleurs sur la nécessité pour la 
Russie de conserver une base militaire permanente en Syrie 
puisque l'armée russe est dotée d'armes d'une portée suffisante 
"pour frapper" quiconque à plusieurs milliers de kilomètres 
autour des frontières russes.  
    "Je ne suis pas sûr que nous ayons besoin d'une base 
(permanente) là-bas. Ce sont des infrastructures tout à fait 
significatives, il faut y investir de l'argent", a-t-il dit. 
    L'armée russe dispose actuellement de l'usage d'une base 
navale à Tartous, en Syrie, au sud de Lattaquié. 
    S'il s'est montré plutôt conciliant vis-à-vis des projets de 
Washington, Vladimir Poutine a eu des mots très durs envers la 
Turquie, dont l'aviation a abattu un chasseur-bombardier russe 
le 24 novembre dernier à la frontière syrienne, un incident 
rarissime entre Moscou et un pays membre de l'Otan.  
    La Russie a imposé des sanctions économiques à Ankara en 
représailles.  
    "Il est difficile sinon impossible pour nous de parvenir à 
un accord avec l'actuel gouvernement turc", a dit le président 
russe, qualifiant une nouvelle fois la destruction du SU-24 
d'"acte hostile".  
    "Qu'ont-ils obtenu ?" a poursuivi Vladimir Poutine. "Ils 
croyaient peut-être que nous partirions de Syrie ? Mais la 
Russie n'est pas ce genre de pays." 
     
 
 (Maria Tsvetkova et Christian Lowe; Henri-Pierre André et 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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