Poutine affiche son soutien à Erdogan après le putsch avorté

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    SAINT-PETERSBOURG, 9 août (Reuters) - Le président russe 
Vladimir Poutine a apporté son soutien mardi à son homologue 
turc Recep Tayyip Erdogan, en visite en Russie, en disant 
souhaiter qu'il parvienne à ramener l'ordre en Turquie après la 
tentative de coup d'Etat du 15 juillet. 
    La visite du président turc à Saint-Pétersbourg illustre un 
rapprochement entre Ankara et Moscou après neuf mois de crise 
diplomatique alors que les purges qui ont suivi le putsch raté 
ont jeté un froid sur ses relations avec l'Europe et les 
Etats-Unis.   
    Vladimir Poutine, un des premiers dirigeants étrangers à 
avoir appelé Recep Tayyip Erdogan, a saisi l'occasion pour 
tourner la page des tensions nées de la destruction par la 
chasse turque d'un bombardier russe l'année dernière près de la 
frontière syrienne. 
    "Je veux exprimer mon espoir que sous votre direction, le 
peuple turc surmonte ce problème (les conséquences du putsch) et 
que l'ordre et le respect de la constitution soient restaurés", 
a déclaré le président turc à son hôte. 
    En accueillant le président Erdogan dans un palais de la 
Russie tsariste à Saint-Pétersbourg, Poutine a affiché sa 
volonté de rétablir des relations solides avec son ancien 
partenaire commercial. 
    "Votre visite aujourd'hui, que vous avez faite en dépit de 
la très complexe situation politique interne en Turquie, montre 
que nous voulons tous reprendre notre dialogue et restaurer nos 
relations", a assuré Vladimir Poutine avant l'entretien.  
    Le président russe a indiqué qu'il discuterait avec son 
homologue turc d'une coopération contre le terrorisme et d'un 
rétablissement de leurs relations commerciales et économiques.  
    Moscou a imposé des sanctions économiques à Ankara après la 
destruction du bombardier russe en novembre dernier et le nombre 
de touristes russes en Turquie a chuté de 87% dans la première 
moitié de 2016. 
    Le président Erdogan a estimé de son côté que les relations 
russo-turques entraient dans une "période très différente" et 
que la solidarité entre les deux pays aiderait à la résolution 
des problèmes régionaux, même si Ankara et Moscou continuent à 
s'opposer sur le sort du président syrien Bachar al Assad. 
    Sa rencontre avec Vladimir Poutine peut être interprétée 
comme un avertissement adressé aux Occidentaux, inquiets d'un 
rapprochement entre les deux pays au moment où les relations de 
la Turquie avec l'Otan et l'Union européenne sont dégradées. 
 
 (Olesya Astakhova et Andrew Osborn à Moscou, avec Ece Toksabay, 
Tuvan Gumrukcu et Nick Tattersal en Turquie; Laura Martin pour 
le service français, édité par Tangi Salaün) 
 
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  • charleco il y a 4 mois

    La roue tourne pour les USA, ils perdent tout crédit dans la région (et ailleurs).