Poutine à la manoeuvre sur la Syrie, se heurte à Obama sur Assad

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* Refuser de coopérer avec Assad est une "énorme erreur", dit Poutine * Obama et Hollande prêts à travailler avec la Russie et l'Iran * Washington et Paris estiment cependant que toute solution passe par un départ du président syrien par Arshad Mohammed et John Irish NATIONS UNIES, 28 septembre (Reuters) - Vladimir Poutine a prôné, lundi devant l'Assemblée générale des Nations unies, la création d'une coalition élargie en Syrie pour lutter contre les "terroristes" et réaffirmé son soutien au régime de Bachar al Assad, jugeant que le refus de coopérer avec le président syrien constituait une "énorme erreur". Son homologue américain Barack Obama, qui s'exprimait un peu avant lui à la tribune de la 70e Assemblée générale de l'Onu, a indiqué pour sa part que les Etats-Unis étaient "prêts à travailler avec toutes les nations, y compris la Russie et l'Iran, pour résoudre le conflit" qui déchire la Syrie depuis quatre ans et demi. Mais il a cependant répété que toute solution au conflit passait par le départ d'Assad, qu'il a qualifié de "tyran", une position également défendue par François Hollande. Le discours attendu de Poutine, qui précède un entretien bilatéral avec Obama prévu plus tard ce lundi, symbolise la volonté de Moscou de prendre l'initiative en Syrie à un moment où les Etats-Unis peinent à définir une nouvelle stratégie. La Russie y renforce depuis plusieurs semaines sa présence militaire et insiste pour que le régime de Damas soit associé à la lutte contre l'organisation djihadiste menée par une coalition formée l'an dernier par les Etats-Unis, une demande jusqu'à présent rejetée par Washington. Pour lutter contre les djihadistes de l'Etat islamique, le président russe a plaidé pour la formation d'une large coalition internationale, "similaire à celle qui a combattu le nazisme" durant la Deuxième Guerre mondiale, et intégrant les principaux pays du Proche-Orient. "Nous pensons que c'est une énorme erreur de refuser de coopérer avec le gouvernement syrien et ses forces armées, qui tiennent courageusement tête au terrorisme", a-t-il déclaré à la tribune des Nations unies. "Nous devrions reconnaître que seules les forces armées du président Assad et les milices (kurdes) combattent réellement l'Etat islamique et d'autres groupes terroristes en Syrie", a-t-il ajouté. Le président russe avait suggéré ce week-end, dans des entretiens accordés à des médias américains, la création d'un "cadre de coordination" et estimé que le seul moyen de régler le conflit syrien était de renforcer les structures de gouvernement "légitimes" et de les soutenir dans leur lutte contre le terrorisme. Lundi, il a proposé l'adoption par le Conseil de sécurité de l'Onu d'une résolution. "TOURNER LA PAGE ASSAD" Mais pour Barack Obama comme pour François Hollande, il ne peut être question de revenir à la situation qui prévalait avant l'éclatement de la crise syrienne, en mars 2011. "Le réalisme réclame qu'un compromis soit trouvé pour mettre fin aux combats et au final éradiquer l'EIIL (Etat islamique). Mais le réalisme réclame également qu'une transition en bon ordre permette de tourner la page Assad et (l'émergence) d'un nouveau dirigeant et d'un large gouvernement qui reconnaisse qu'il faut mettre un terme à ce chaos afin que le peuple syrien puisse commencer à reconstruire", a souligné le président américain. "On ne peut pas s'accommoder de mouvements apocalyptiques comme l'EIIL, et les Etats-Unis ne regrettent pas d'employer leur armée dans le cadre d'une large coalition. Mais nous devons nous accorder sur le fait qu'il ne peut y avoir, après tant de bains de sang, après tant de carnages, de retour au statu quo d'avant-guerre", a-t-il poursuivi. S'exprimant devant la presse à New York, François Hollande a souligné, au lendemain d'un premier raid de l'aviation française contre un camp d'entraînement de l'organisation djihadiste en Syrie, que Paris n'avait pas changé de position et continuait de considérer que toute solution politique doit écarter Assad. "Nous devons tout faire pour qu'une transition politique puisse être trouvée en Syrie", a dit le président français. "Cette transition, elle passe nécessairement par le départ de Bachar al Assad, rien n'a changé", a-t-il souligné. (voir ID:nL5N11Y3SX ) Hollande refuse "l'illusion" entretenue par Assad qui conduirait à "penser que si on est contre Daech, on est pour lui". De son côté, Obama s'inscrit en faux contre "la logique qui voudrait, parce que l'alternative est sûrement pire, que nous soutenions des tyrans comme Bachar al Assad, qui précipite des barils de bombe pour massacrer des enfants innocents". La question syrienne sera au centre du tête à tête, à venir, entre Vladimir Poutine et Barack Obama, leur premier depuis 2013. Dimanche, le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est entretenu avec son homologue russe Sergueï Lavrov des moyens de réduire le conflit ("de-conflict") qui dure depuis quatre ans et demi dans ce pays et de la possibilité d'y assurer une transition politique. ID:nL5N11X0MM LIEN ANALYSE Les Russes au secours d'Assad et du "pays alaouite" ID:nL5N11Y35T (Jean-Stéphane Brosse, Nicolas Delame et Sophie Louet pour le service français, édité par Henri-Pierre André)

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