Poursuites judiciaires à Nantes après la manifestation

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INTERPELLATIONS À NANTES APRÈS LA MANIFESTATION CONTRE NOTRE-DAME-DES-LANDES
INTERPELLATIONS À NANTES APRÈS LA MANIFESTATION CONTRE NOTRE-DAME-DES-LANDES

NANTES (Reuters) - Sept des neuf personnes interpellées lundi matin pour de "graves exactions" commises à Nantes le 22 février après la manifestation contre le projet d?aéroport de Notre-Dame-des-Landes vont être poursuivies en justice.

Deux mineurs seront déférés devant le juge des enfants pour des jets de bouteilles et de pavés sur les forces de l'ordre, et pour avoir mis à sac une agence du groupe Vinci, concessionnaire du projet d?aéroport, a indiqué lundi le procureur de Nantes.

Trois autres seront jugés mardi en comparution immédiate pour des jets de projectiles contre les forces de l?ordre, et un autre pour des dégradations et un "vol de vêtements" dans les locaux de la société qui gère les transports en commun nantais, a ajouté Brigitte Lamy dans un communiqué.

Enfin, un dernier sera jugé ultérieurement pour un "jet de pétards" sur les forces de l?ordre, tandis que les deux derniers ont été remis en liberté, faute de charges.

Trente enquêteurs d?une cellule spécialisée avaient été mobilisés pour cette "opération de police judiciaire d?envergure", avait indiqué lundi matin la police.

Le 22 février, quatorze personnes avaient déjà été interpellées en marge de la manifestation, qui avait réuni 50.000 opposants au projet, selon les organisateurs, mais aussi "mille manifestants radicaux prêts pour le combat" d?après la préfecture de Loire-Atlantique.

Ces derniers avaient saccagé des commerces et des espaces publics, causant des dégâts évalués par la mairie de Nantes à plusieurs centaines de milliers d?euros.

Deux des quatorze personnes interpellées avaient été remises en liberté sans être poursuivies, sept avaient fait l?objet de convocations ultérieures en justice, et cinq avaient été condamnées en comparution immédiate à des peines allant de 100 heures de travail d?intérêt général à un an de prison ferme, mais sans incarcération.

La peine la plus lourde avait été prononcée à l?encontre d?un carrossier de 22 ans, déjà sous le coup d?une précédente peine de prison avec sursis, pour avoir jeté une pierre sur les policiers alors qu?il se trouvait en état d?ivresse.

"Ce ne sont pas les principaux casseurs, ceux qu?on pouvait attendre", avait convenu la substitut du procureur de la République lors de l?audience, promettant d?autres poursuites.

Les heurts qui avaient suivi la manifestation avaient également fait l?objet de polémique entre les socialistes et leurs alliés écologistes, les premiers reprochant aux seconds ? opposés au projet ? de ne pas dénoncer fermement les exactions.

Depuis, le PS et Europe Ecologie ont scellé un accord électoral pour le second tour des élections municipales à Nantes, accord qui entérine simplement leurs "divergences anciennes et assumées" sur le projet, sans le remettre en cause. Leur liste commune a remporté dimanche soir 56,22 % des voix.

(Guillaume Frouin, édité par Jean-Baptiste Vey)

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