Poursuite des violences en Egypte, six soldats tués

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SIX SOLDATS ÉGYPTIENS TUÉS À ISMAÏLIA
SIX SOLDATS ÉGYPTIENS TUÉS À ISMAÏLIA

par Shadia Nasralla

LE CAIRE (Reuters) - Six soldats égyptiens ont été tués lundi par des islamistes présumés près de la ville d'Ismaïlia, sur la rive ouest du canal de Suez, et une roquette a été tirée sur une antenne de communication satellitaire dans le faubourg de Maadi au Caire, a-t-on appris de sources proches des services de sécurité.

Ces violences font suite aux affrontements qui ont fait 53 morts et 271 blessés dimanche à travers l'Egypte entre forces de l'ordre et partisans islamistes du président Mohamed Morsi, destitué le 3 juillet par l'armée.

Les soldats tués à Ismaïlia se trouvaient à bord d'une voiture, à un barrage de contrôle situé près de la ville, lorsque les assaillants ont ouvert le feu sur le véhicule.

Dans le sud de la péninsule du Sinaï, une explosion près d'un immeuble de la Sécurité d'Etat a fait trois morts et 48 blessés, a-t-on déclaré de sources médicales. Selon un témoin, c'est une voiture piégée qui a explosé près du bâtiment.

Une alliance de formations islamistes, parmi lesquelles les Frères musulmans, a appelé les Egyptiens à manifester à partir de mardi et à se rassembler vendredi sur la place Tahrir, au Caire.

Des milliers de partisans des Frères musulmans, organisation désormais interdite, avaient bravé dimanche les mises en garde du pouvoir contre toute manifestation hostile à l'armée en cette journée marquant le 40e anniversaire du début de la guerre du Kippour contre Israël.

Les autorités avaient fait savoir que tout manifestant hostile à l'armée en ce jour anniversaire serait considéré comme un agent de l'étranger.

Le ministère de l'Intérieur, qui a annoncé plus de 400 arrestations, a dénoncé une tentative des Frères musulmans de "gâcher les célébrations et de provoquer des tensions avec les masses".

Dans une interview publiée lundi par le journal Al Masri al Youm, le chef des forces armées égyptiennes, le général Abdel Fattah al Sissi, s'en prend aux Frères musulmans, mouvement dont était issu le président Morsi.

"MORSI AVAIT ÉCHOUÉ"

"J'avais dit à Morsi dès février qu'il avait échoué et que son projet était mort", affirme le général, qui a mené début juillet la procédure de destitution du chef de l'Etat, à la suite de manifestations monstres contre le gouvernement.

Depuis juillet, les attaques contre les forces de sécurité dans le Sinaï ont fait une centaine de morts, selon un bilan établi par l'armée.

Les Frères musulmans ont remporté toutes les élections libres organisées après la chute d'Hosni Moubarak en février 2011 mais leur gestion du pays et l'orientation islamiste qu'ils voulaient donner à la nouvelle Constitution ont suscité un vaste mouvement de colère, sur lequel l'armée s'est appuyée pour renverser Morsi.

Depuis, la plupart des dirigeants de la confrérie islamiste ont été arrêtés et les militaires ont rétabli l'état d'urgence en vigueur sous Hosni Moubarak et décrété un couvre-feu.

L'intervention des forces de l'ordre le 14 août contre deux campements de partisans de Mohamed Morsi au Caire s'est soldée par des centaines de morts.

La vitrine politique des Frères musulmans, le Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), a déclaré qu'il tenait le général Sissi et le ministère de l'Intérieur responsables des morts de dimanche. "Nous demandons à toutes les organisations de défense des droits de l'homme de condamner les crimes commis aujourd'hui", écrit le PLJ dans un communiqué. "Nous demandons une enquête internationale sur les crimes d'aujourd'hui."

Des manifestations et des violences ont aussi été signalées dimanche à Alexandrie, à Kouloubiya dans la province du Delta du Nil, à Delga, à 300 km au sud de la capitale, à Suez ou encore à Assouan.

Avec Yasmine Saleh et Maggie Fick, Bertrand Boucey, Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français

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