Poursuite des violences dans la bande de Gaza, Clinton à Ramallah

le
1
LES VIOLENCES SE POURSUIVENT DANS LA BANDE DE GAZA
LES VIOLENCES SE POURSUIVENT DANS LA BANDE DE GAZA

par Nidal al-Mughrabi et Dan Williams

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - La nuit de mardi à mercredi a été marquée par une nouvelle série de bombardements israéliens et de tirs de roquette palestiniens dans la bande de Gaza sur fond d'efforts diplomatiques pour tenter d'arracher un cessez-le-feu après une semaine de violences.

L'Egypte, à la pointe des grandes manoeuvres diplomatiques en cours, avait fait espérer une conclusion d'une trêve dans la soirée de mardi entre l'Etat hébreu et le mouvement islamiste du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007.

Mais des dirigeants du Hamas présents au Caire ont prévenu qu'il ne fallait pas s'attendre à un cessez-le-feu avant mercredi, accusant Israël de ne pas avoir répondu aux propositions qui lui avaient été faites.

Selon un responsable de l'Etat hébreu cité par la radio israélienne, la trêve a été reportée en raison "d'un retard de dernière minute" dans les négociations entre le Hamas et Israël placées sous l'égide de l'Egypte.

Un cessez-le-feu entre les deux parties pourrait donc ne pas intervenir dans l'immédiat. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, qui s'est entretenue avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mardi à Jérusalem et qui doit se rendre mercredi à Ramallah avant de s'envoler pour le Caire, a parlé d'un accord "dans les jours à venir."

A New York, les Etats-Unis ont bloqué mardi au Conseil de sécurité des Nations unies l'adoption d'une déclaration condamnant l'escalade du conflit estimant "qu'elle ne traitait pas de la racine du problème", les roquettes tirées de Gaza sur Israël.

Sur le terrain, Israël a intensifié ses bombardements sur l'enclave palestinienne dans le cadre de son opération "Pilier de défense" lancée mercredi dernier, officiellement pour mettre un terme aux tirs de roquettes palestiniens sur son territoire.

Tsahal a indiqué avoir bombardé plus d'une centaine de cibles dans la nuit dans la bande de Gaza, dont des tunnels reliant l'enclave palestinienne et l'Egypte, ainsi que le ministère de la sécurité intérieure, utilisé par le Hamas comme centre des opérations.

Un bâtiment abritant le bureau de l'Agence France Presse a été bombardé, sans faire de blessé. L'armée israélienne a confirmé le bombardement, expliquant que l'immeuble accueillait un centre de renseignements militaires du Hamas.

Les tirs de roquette palestiniens ont repris quant à eux mercredi à l'aube, sans faire de blessé, selon l'armée israélienne. Plus de 150 roquettes ont été tirées de Gaza dans la soirée de mardi, a-t-on appris auprès de la police israélienne.

"SOLUTION DE LONG TERME"

Selon des responsables médicaux, 31 Palestiniens ont été tués mardi dans les bombardements. La police et l'armée israélienne ont fait de leur côté état d'un soldat israélien et d'un civil tué dans des tirs de roquette lancés près de la frontière avec la bande de Gaza.

Après sept jours d'hostilités qui ont coûté la vie à 138 Palestiniens, dont 34 enfants, et cinq Israéliens, dont trois civils, les deux camps tentent d'éviter de revenir au calme précaire qui prévalait depuis la fin de l'opération "Plomb durci" de décembre 2008-janvier 2009 qui s'était soldée par la mort de 1.400 Palestiniens et de 13 Israéliens.

Benjamin Netanyahu, donné jusqu'à présent favori pour les élections législatives de janvier, a déclaré à Hillary Clinton qu'il souhaitait une "solution de long terme" au sujet de la bande de Gaza. En cas d'échec, Israël n'hésitera pas à intensifier sa campagne militaire contre les activistes palestiniens si nécessaire, a-t-il toutefois prévenu.

Le Hamas tente de son côté de tirer profit de la nouvelle donne issue du printemps arabe qui a radicalement changé le paysage régional, en portant notamment au pouvoir des islamistes en Egypte et en Tunisie.

Le mouvement palestinien, qui tente d'obtenir un assouplissement du blocus imposé à la bande de Gaza depuis 2007 par Israël, peut compter sur un certain soutien du président égyptien Mohamed Morsi.

Hillary Clinton, qui a interrompu une tournée en Asie pour rejoindre Israël mardi, a quant à elle assuré Benjamin Netanyahu de l'engagement "inébranlable" des Etats-Unis pour la sécurité d'Israël.

"Dans les jours qui viennent, les Etats-Unis vont travailler avec nos partenaires ici en Israël et dans la région pour trouver une issue qui renforce la sécurité des Israéliens, améliore les conditions de vie pour les habitants de Gaza et ouvre la voie à une paix totale pour l'ensemble des habitants d la région", a déclaré Clinton. "Il est essentiel d'obtenir une désescalade de la situation à Gaza."

Le président américain Barack Obama, dont les relations avec Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, a déclaré qu'il préférait une solution diplomatique à une offensive terrestre de l'armée israélienne, susceptible de susciter l'indignation de la communauté internationale.

Marine Pennetier pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • raich2 le mercredi 21 nov 2012 à 09:56

    Faire une comparaison entre la résistance française et les groupe armés palestiniens est une énorme erreur que les lecteurs auront rectifié d'eux-mêmes.Mais enfin, en démocratie on a le droit de s'exprimer même quand il s'agit d'apporter des propos infondés et des insultes quand il s'agit d'américains ou d'israëliens. Allez donc voir le massacre qui se passe en Syrie et que TOUS les pays arabes se taisent.