Poursuite des combats et des raids au Yémen avant la trêve

le , mis à jour à 17:35
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(Précisions, déclarations) ADEN, 10 juillet (Reuters) - Les combats et les bombardements aériens se sont poursuivis vendredi au Yémen, où une trêve humanitaire d'une semaine doit entrer en vigueur à minuit. Les rebelles chiites houthis ont bombardé durant la nuit des quartiers résidentiels d'Aden, le grand port du sud du pays, et ont continué à progresser dans le désert d'Hadramaout, dans l'est du pays, où ils affrontent des milices tribales. La coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite a mené des raids aériens vendredi à Sanaa, la capitale, après plusieurs frappes durant la nuit dans des villes du centre et du sud du pays. Jeudi soir, une école abritant des réfugiés a été touchée dans la province de Lahdj, dans le Sud. L'attaque a fait neuf morts et 14 blessés. "Nous espérons que la trêve marquera le début de la fin de l'agression saoudienne et la fin de la violation des conventions des Nations unies que souligne cette guerre d'agression contre le Yémen", a déclaré un haut responsable chiite, Mohammed al Houthi. Mais le chef du groupe houthi Ansarullah, Abdel-Malek al Houthi, a déclaré à la télévision qu'il ne croyait pas que le cessez-le-feu puisse tenir longtemps. "Pour ce qui est de la trêve, nous n'avons pas beaucoup d'espoir en son succès, parce que ce succès dépend des engagements du régime saoudien et de ses alliés", a-t-il dit. "Lors de la précédente trêve, nous avons fait une expérience malheureuse. C'était une trêve uniquement pour les médias, mais sur le terrain, les attaques aériennes se poursuivaient tous les jours." Le Congrès général du peuple (CGP), parti de l'ancien président Ali Abdallah Saleh qui s'est allié aux Houthis, a salué le principe d'une trêve humanitaire. Le gouvernement yéménite du président Abd-Rabbou Mansour Hadi, réfugié à Ryad, exige que les insurgés houthis abandonnent les villes qu'ils contrôlent et relâchent leurs prisonniers, conformément à la résolution 2216 adoptée en avril par le Conseil de sécurité de l'Onu. Les Houthis, qui contrôlent depuis septembre la capitale et ont ensuite pris plusieurs villes, affirment mener une révolution contre un gouvernement corrompu et refusent de se retirer. L'émissaire de l'Onu, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, s'est entretenu ces derniers jours avec des responsables du gouvernement yéménite et avec des représentants du mouvement houthi pour tenter de mettre un terme aux combats qui ont fait plus de 3.000 morts depuis le début des bombardements aériens de la coalition arabe le 26 mars. (Mohammed Mukhashaf et Mohammed Ghobari; Guy Kerivel pour le service français)

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