Poursuite de combats meurtriers dans le Nord-Est malien

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N'DJAMENA (Reuters) - Les violents combats opposant l'armée tchadienne à des rebelles islamistes retranchés dans le massif de l'Adrar des Ifoghas, dans l'extrême nord-est du Mali, se sont poursuivis samedi, a-t-on appris de source militaire tchadienne.

Treize soldats tchadiens et 65 djihadistes ont été tués la veille dans cette région selon l'armée tchadienne, soit le bilan le plus lourd depuis le début de l'intervention des forces françaises et africaines contre les groupes islamistes armés.

Les affrontements ont éclaté vendredi avant la mi-journée dans le massif montagneux situé à la frontière avec l'Algérie.

"Le bilan provisoire du côté ennemi est de cinq véhicules (détruits) et 65 terroristes tués. Nous déplorons la mort de 13 de nos vaillants soldats", a précisé l'état-major des forces tchadiennes dans un communiqué lu à la radio.

L'armée tchadienne participe aux opérations en cours contre les islamistes, repoussés vers le nord depuis le début de l'intervention militaire française au Mali, le 11 janvier dernier.

Le président français, François Hollande, a salué samedi "ce que font les Tchadiens", alors que des "combats très durs se livrent à l'extrême nord du Mali".

"Nos troupes sont directement engagées", a dit le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse en marge du Salon de l'agriculture.

"Ces combats vont se poursuivre. C'est vraiment là la dernière phase du processus puisque c'est dans ce massif que sont sans doute regroupés les forces d'Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique)", a ajouté le président.

Depuis l'arrivée des forces françaises de l'opération Serval, des troupes africaines, dont 2.000 soldats tchadiens, se sont déployées au Mali et doivent assurer la succession des militaires français dans le cadre de la Misma, la mission d'assistance mandatée par l'Onu.

L'intervention française et africaine a permis aux autorités maliennes de reprendre les principales villes du Nord-Mali qui étaient tombées sous la coupe des groupes islamistes au printemps 2012, dont Tombouctou et Gao.

Mais les djihadistes ont opté pour une guerre de guérilla et les violences qui persistent soulignent les risques encourus par les forces étrangères présentes au Mali.

Vendredi, un double attentat suicide à la voiture piégée a fait cinq morts dans une petite ville à la frontière entre le Mali et l'Algérie, In Khalil.

La veille, deux civils avaient péri dans un attentat à la voiture piégée à Kidal tandis que de violents combats avaient lieu à Gao.

Quinze djihadistes ont été tués dans les affrontements de jeudi à Gao, où les forces françaises ont dû prêter main forte aux troupes maliennes pour les déloger de la mairie de la plus grande ville du Nord où ils s'étaient infiltrés la nuit précédente.

Madjiasra Nako, avec Elizabeth Pineau à Paris

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