Pourquoi lisons-nous des livres de développement personnel ?

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Couverture du best-seller de Thomas D'Ansembourg, Cessez d'être gentil, soyez vrai (éditions de l'Homme).
Couverture du best-seller de Thomas D'Ansembourg, Cessez d'être gentil, soyez vrai (éditions de l'Homme).

Nicolas Marquis, docteur et chercheur en sociologie, professeur à l'université Saint-Louis-Bruxelles, a plongé dans le monde du développement personnel. Il en est revenu avec une certitude : si, à la lettre, ces ouvrages semblent ne délivrer que des conseils d'une platitude absolue, les lecteurs, eux, y trouvent des ressorts puissants de changement. Quelle est cette société dans laquelle les individus, lorsqu'ils rencontrent un problème dans leur vie, ne se lamentent pas, ne le subissent pas, mais se mettent à lire des ouvrages qui leur enjoignent de "travailler sur eux-mêmes" ? Le Point.fr : En sciences sociales, les ouvrages de développement personnel n'ont pas bonne presse. La critique de leurs effets supposés a largement été théorisée, mais la parole des lecteurs n'a jamais été prise en compte. Vous avez choisi de vous y intéresser. Nicolas Marquis : Le contraste est saisissant entre l'enthousiasme de certains lecteurs - "ce livre a changé ma vie"... - et la banalité du discours du développement personnel, que tout un chacun pourrait tenir - "soyez vous-même", "épanouissez-vous"... -, son impression de vide, sa platitude de style. C'est ce paradoxe que j'ai voulu essayer de comprendre : quelle est cette expérience que ce texte fait vivre au lecteur ? À partir de quels matériaux avez-vous travaillé ? J'ai mené de nombreux entretiens et analysé le courrier des lecteurs que Boris Cyrulnik, Thomas d'Ansembourg et...

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