Pourquoi les repas de fêtes coûteront plus cher cette année

le
0

Saumon, huîtres, châtaignes…de nombreux produits prisés pour agrémenter les dîners des réveillons et repas de Noël ont vu leur prix augmenter. Explications.

Pour les fêtes de fin d'année, une majorité de Français prévoit de consacrer entre 20 et 50 euros par convive pour le repas. Mais ceux qui tablent sur le bas de la fourchette devront sûrement revoir leurs ambitions à la baisse. De nombreux produits stars des fêtes ont en effet vu leur prix augmenter. Toutefois d'autres ont vu leur prix baisser. Passage en revue du menu.

Entrée

• Le foie gras

C'est le mets incontournable des fêtes. Selon une enquête CSA commandée par le comité interprofessionnel du foie gras (Cifog), 80% des Français ont confirmé leur intention d'en consommer pour les fêtes de fin d'année, «posé sur une tranche de pain de campagne», imagine Marie-Pierre Pé, déléguée générale du Cifog. «Les prix sont stables cette année. La baisse des cours des céréales n'a pas beaucoup d'impact sur le produit fini», précise cette dernière. Le prix moyen du kilo de foie gras entier de canard- le plus consommé en France- est de 70 à 90 euros. Le foie gras entier d'oie atteint 100 à 120 euros le kilo en moyenne.

• Le saumon

Lui aussi est un incontournable: 71% des Français ont prévu de l'inscrire à leur menu de fête. Problème: sur les neuf premiers mois de l'année, le kilo atteignait 5,30 euros en moyenne, contre 3,50 euros en 2012. «Il y a une flambée des prix car l'offre ne parvient pas à suivre la demande mondiale qui augmente de 13% par an en moyenne», concède Maria Grimstad de Perlinghi, représentante de la filière norvégienne, principale exportatrice de saumon d'élevage vers l'Hexagone.

• Les huîtres, coquillages et crevettes

Là encore, les nouvelles ne sont pas bonnes pour le portefeuille. D'après France Agrimer, les huîtres et moules souffrent d'une baisse de production en raison de la surmortalité. Or la demande bondit pendant les fêtes: chaque année, environ 80.000 tonnes d'huîtres sont consommées en France durant cette période. Les prix devraient logiquement être élevés. Même chose pour les coquilles Saint-Jacques, touchées par une toxine qui rend parfois les coquilles impropres à la consommation. D'après France Agrimer, leur prix moyen a bondi de 10% à 30% en quelques semaines selon les régions. Globalement, les prix des poissons et des crustacés frais ont augmenté de 1,5 % en novembre (+3,6 % sur un an) selon l'Insee.

• Les escargots

Pas la peine de chercher à remplacer les coquillages et crustacés par les escargots de Bourgogne. Ces derniers se font aussi plus rares et plus chers. Cette année, les quantités ramassées sont en baisse de 30 à 60% en raison des conditions climatiques peu adaptées et d'une pénurie de ramasseurs. Grandes surfaces et épiceries spécialisées pourraient manquer d'escargots pour les fêtes, période pendant laquelle se concentre plus de la moitié des ventes pour la filière.

Plat

• L'huile d'olive

Si vous aviez prévu de cuisiner à l'huile d'olive «made in France», il faudra ajuster votre budget. Les oliveraies du bassin méditerranéen ont été victimes de la mouche de l'olive. Résultat: la production s'est effondrée. Plus rare, l'huile d'olive française devrait voir ses prix flamber dans les rayons.

• Les viandes

Bonne nouvelle pour ceux qui avaient prévu du poulet ou de la dinde: «à Rungis, les prix de l'ensemble des articles de la volaille courante se maintiennent», explique France Agrimer dans sa dernière note conjoncturelle. Le porc se replie, lui, de 2,4 centimes le kilo. En revanche, ceux qui misaient sur du bœuf feront face à une hausse des prix sur certaines pièces. «Avec l'approche des fêtes de fin d'années et les récentes mises en avant dans les grandes surfaces, les filets, faux-filet et morceaux à bouillir bénéficient d'un regain d'intérêt», prévient l'organisme.

• Les légumes

En novembre, le prix moyen d'achat des légumes baisse de 2,7% sur un an selon France Agrimer à 2,08 euros le kilo. Mieux vaut privilégier les endives, les choux-fleur, les poireaux et surtout les pommes de terre dont la récolte française, à plus de six millions de tonnes, a été historique.

Boissons

• Vin et champagne

Rouge ou blanc, le vin qui accompagnera le repas devrait être un peu plus cher. En cause: les prix élevés du raisin cette année. Selon France Agrimer, à fin octobre, le prix moyen des vins rouges et rosés sans indication géographique a augmenté de 16% en un an à 7,2 euros le litre, tandis que le blanc a grimpé de 19% à 8,6 euros le litre. Le champagne, lui, devrait être un peu plus abordable que d'ordinaire. Certains commerçants n'hésitent plus à baisser les prix pour relancer un marché morose marqué par un ralentissement des ventes de 2,9% en France sur les dix premiers mois de l'année selon le Comité interprofessionnel (CIVC). Exemple: il sera possible de dénicher à Carrefour des bouteilles à moins de 10 euros. «Pas de honte à rendre abordable le champagne en période de fêtes», a expliqué le président de l'enseigne, Georges Plassat.

Dessert

• Le chocolat

La récente détente sur les cours du cacao ne devrait pas suffire à empêcher une hausse des prix du chocolat en rayon. Les prix du cacao ont grimpé de 5 à 9% depuis le début de l'année à New-York et à Londres. «Les entreprises ont le choix entre répercuter ou non l'augmentation des prix de la fève mais la situation devient compliquée. Il y a une vraie question de prix de la matière première cacao et il ne faut pas le cacher aux consommateurs», confiait récemment au Figaro Florence Pradier, secrétaire générale du Syndicat du Chocolat. Les chocolatiers et pâtissiers subissent également la hausse des prix de la noisette.

• Les fruits

Le prix moyen d'achat des fruits a été de 2,16 euros le kilo en novembre, en diminution de 4,8% sur un an. Certains fruits coûteront plus chers dans le panier, notamment le raisin blanc ou noir, pour qui «les prix sont fermes et au-dessus de la moyenne quinquennale», selon France Agrimer. Même chose pour la noix et la châtaigne de l'Ardèche, ravagée par le cynips, un parasite qui s'attaque au fruit.

• Café

Finir le repas avec un petit café? Pourquoi pas. Mais là encore, il ne faudra pas être surpris par une hausse des prix au moment de l'achat. Les cours de l'arabica, variété la plus consommée au monde, ont flambé de 55% depuis le début de l'année tandis que ceux du robusta ont grimpé de 15%. Les investisseurs sont inquiets de l'apparition d'un déficit d'offre sur le marché mondial en raison d'une sécheresse historique au Brésil, premier producteur et exportateur mondial de café, qui a touché les cultures caféières au moment crucial du développement des fruits.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant