Pourquoi les Français ont du mal à changer de banque

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Alors que le Sénat a voté un amendement à la loi Macron destiné à faciliter la mobilité bancaire, seuls 3% des clients changent d'établissement chaque année, selon l'UFC-Que Choisir. C'est trois fois moins que la moyenne européenne.

Changer de banque en France relève du parcours du combattant. «Alors qu'en moyenne près de 25% des clients bancaires se disent insatisfaits de leur banque (...), seuls 3% des clients changent de banque chaque année», a expliqué l'association UFC-Que Choisir dans une récente étude. «C'est trois fois moins que la moyenne européenne, et cinq fois moins que la mobilité française en téléphonie ou en assurance.» La loi Macron pourrait bien changer les choses. Les sénateurs ont adopté vendredi soir un amendement gouvernemental au projet de loi, destiné à faciliter la mobilité bancaire afin d'«accroître la concurrence dans le secteur et faire baisser les tarifs au profit des clients».

Depuis le 1er novembre 2009, pourtant, toutes les banques françaises ont l'obligation de proposer à leurs clients un service d'aide à la mobilité bancaire. Ce service gratuit prend en charge le transfert des opérations (virements, prélèvements...) et s'occupe de prévenir les organismes concernés. Cette norme est dévenue une obligation légale en 2014, dans le cadre de la loi Hamon.

Plusieurs freins à la mobilité demeurent. «Le multi-équipement en produits bancaires, tels que le crédit (personnel ou immobilier), l'assurance-vie et les comptes d'épargne règlementée, favorise la sédentarité du client et de son compte courant bancaire qui sert de pivot aux opérations de prélèvement et de virement», souligne un rapport du gouvernement sur la portabilité du compte en banque, remis au Parlement fin 2014. En moyenne les clients particuliers des banques détiennent chacun environ 7 produits bancaires (y compris le compte principal), dont le fonctionnement est souvent attaché au compte bancaire.

Autre obstacle pointé par l'UFC-Que Choisir, «la lourdeur du changement des domiciliations (virements, prélèvements) et les risques d'erreurs lors de ce changement (avec les chèques, en particulier)». L'association relève au passage «l'échec du service d'aide à la mobilité bancaire» mis en place par les banques, brocardant en exemple «les 350.000 chèques rejetés chaque année pour cause de clôture du compte».

Freins psychologiques

Aux difficultés techniques s'ajoutent les coûts du changement d'établissement. La liste est longue: «il peut s'agir de frais de fermeture (cas dans la banque pour certains produits d'épargne), de transfert (idem), de rachat de contrat ou de sortie anticipée (par exemple, dans les contrats de téléphonie avec engagement ou pour certains crédits immobiliers), de réexpédition (par exemple, pour les «box» des opérateurs internet), de coûts fiscaux (par exemple, pour les produits financiers défiscalisés où toute fermeture avant le terme fiscal entraine une plus grande imposition des bénéfices)», détaille l'association. Par ailleurs, «plus la démarche de changement d'opérateur sera complexe, plus le temps que le consommateur devra y passer sera important, ce qui dissuadera d'autant le client de changer».

Le poids des freins psychologiques n'est pas négligeable, note par ailleurs l'UFC-Que Choisir. «Par exemple, les consommateurs peuvent croire que changer d'opérateur dans tel ou tel domaine peut être risqué ou compliqué, ce qui n'est pas le cas, mais contribuera à faire peser le plateau de la balance du côté de la non-mobilité.» Enfin, pour qu'un client ait la volonté de changer de banque, «encore faut-il qu'il soit en capacité de savoir s'il existe un autre opérateur plus intéressant financièrement, et qu'il puisse le savoir de manière facile, rapide et indépendante», insiste l'association en critiquant «le degré de complexité de la recherche d'information sur la concurrence» sur le marché bancaire.

Le nombre de comptes bancaires s'élèvait à 78,4 millions fin 2012 en France, selon le rapport du gouvernement. Il est en très légère croissance tous les ans (de l'ordre de 1%). En 2014, il devait approcher des 80 millions.

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  • a.duboi1 le lundi 13 avr 2015 à 12:00

    la BNP a bloqué 6 mois mon PEA quand je l'ai quittée pour Boursorama.Les autorités alertées ont réagi plus que mollement avec elles aussi 6 mois de retard.

  • jpb222 le lundi 13 avr 2015 à 11:25

    On vous "simplifie" la vie en obligeant les banques a communiquer votre adresse ; plus fa cile pour vous retrouver en cas de pb fiscal ou civil . Le gouvernement ne fait jamais rien pour rien .....