Pourquoi le titre-restaurant électronique décolle lentement en France

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INFOGRAPHIE - Le chèque repas dématérialisé a fêté son premier anniversaire cette semaine. Son bilan est mitigé, avec environ 200.000 de ces cartes en circulation, selon nos estimations. Mais les opérateurs sont optimistes.

Le titre-restaurant dématérialisé ne fait pas encore d'ombre au papier. Un an après son lancement officiel - le décret du 7 mars 2014 encadrant son utilisation est entré en vigueur le 2 avril 2014 -, le chèque repas électronique s'installe lentement en France. À tel point qu'il est très difficile d'obtenir un chiffre précis du nombre de ces cartes en circulation dans le pays. La Commision nationale des titres restaurant (CNTR), qui réunit les représentants des secteurs concernés, élude la question. Mais d'après nos estimations, réalisées en sondant les émetteurs de ces titres de paiement (à l'exception de Monetico Resto qui n'a pas souhaité nous répondre), environ 200.000 titres-restaurant dématérialisés ont été émis en un an. Un chiffre à rapporter aux près de 4 millions de salariés qui bénéficient de cet avantage aujourd'hui. Le titre-restaurant électronique pèse à peine 5% du marché en volume.

Les acteurs concernés* avancent plusieurs explications à ce décollage timide. Pour Serge Ragozin, directeur général de Moneo Resto, par exemple, la cohabitation avec le titre papier plombe l'envol de la solution dématérialisée. «Pour que la dématérialisation s'impose sur le marché français, et que le mouvement s'accélère, il est important que soit décrétée d'ici 18 mois, la fin de la période de cohabitation entre papiers et cartes», déclare-t-il dans un communiqué. «Selon nos estimations, ce sont entre 600 et 800 millions d'euros d'économies qui pourraient être réalisées pour l'ensemble du système.»

De son côté, le petit dernier du secteur, Digibon, qui a lancé son moyen de paiement le 1er mars 2015, estime qu'il reste des «zones d'ombres sur l'utilisation du titre dématérialisé». En clair, les clients hésiteraient à passer du papier à la carte car «ils se font une fausse idée sur les contraintes d'utilisation de ce moyen de paiement, comme les plages horaires et les jours autorisés ou encore le plafond de 19 euros». C'est pourquoi, selon l'émetteur, «un travail de communication doit être entrepris auprès des entreprises sur les avantages de la carte».

Optimisme pour 2015

Les professionnels de la restauration, quant à eux, réfutent toute responsabilité dans le développement poussif des cartes. «Tous nos établissements, dès lors qu'ils sont équipés d'un terminal de paiement électronique, peuvent accepter les titres dématérialisés», souligne Roland Héguy, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih). «Les restaurants ont joué le jeu», insiste-t-il.

Ce sont donc les entreprises, qu'il faut encore convaincre. Selon le leader du secteur, Edenred, qui affiche 90.000 cartes au compteur, il est normal que le processus prenne du temps. «Le dispositif des titres-restaurant existe depuis près de 50 ans. La migration du papier vers un support dématérialisé ne peut pas se faire du jour au lendemain», estime Laurent Delmas, directeur général du groupe. Près de 1000 employeurs proposent la carte Ticket Restaurant. «Nous sommes encore en phase d'accompagnement, de nombreuses entreprises ont des cartes en test sur des groupes de salariés. Et elles migreront progressivement d'où la forte évolution du nombre de cartes dans les mois à venir», renchérit-on chez Sodexo, qui espère atteindre 50.000 porteurs de cartes en 2015 contre 15.000 actuellement. Soit un poids de 5 à 7% de son activité globale dans les titres-restaurant. Un optimisme partagé par Moneo Resto, qui a séduit 900 entreprises et qui constate une «multiplication des appels d'offres de grandes entreprises et d'acteurs publics, comme les ministères, qui souhaitent passer au titre-restaurant dématérialisé».

* Les émetteurs sont aujourd'hui au nombre de huit car, aux quatre acteurs historiques des titres-restaurant en papier (Edenred pour le Ticket Restaurant, Sodexo pour le Chèque Restaurant, Groupe Up pour le Chèque Déjeuner et Natixis Intertitres pour le Chèque de Table), qui ont tous lancé leur solution dématérialisée, se sont greffés de nouveaux entrants: Moneo Resto, Monetico Resto (groupe CM-CIC), Resto Flash et sa solution sur le mobile, et Digibon.

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