Pourquoi le prix de votre petit-déjeuner risque d'augmenter

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INFOGRAPHIE - Chocolat, café, jus d'orange, lait, blé, sucre, beurre et bacon, tous ces ingrédients ont vu leur prix augmenter ces derniers mois. Si cette tendance haussière se maintient, les consommateurs risquent d'en faire les frais.

Prendre un petit-déjeuner deviendrait-il un luxe? Cacao, café, jus d'orange, lait, blé, sucre, beurre et bacon, tous ces ingrédients ont vu leur prix augmenter de 25% en moyenne depuis le début de l'année. En cause, les épidémies, le mauvais temps et la demande croissante des pays émergents. Le Figaro vous explique pourquoi le prix de votre petit-déjeuner risque d'augmenter.

o Le blé touché par la crise ukrainienne

La crise en Ukraine pourrait avoir une incidence sur votre tartine du matin. Depuis que les tensions ont éclaté dans ce pays considéré comme le grenier de l'Europe, les cours du blé ont fortement augmenté alors qu'ils avaient baissé tout au long de l'année 2013. Depuis fin janvier, les prix ont progressé de 27%. Les fortes chutes de neige aux Etats-Unis n'ont fait qu'accentuer cette hausse.

o Les épidémies et le mauvais temps affectent le jus d'orange, le café et le porc

Au-delà des pains au lait et des céréales, c'est aussi le jus d'orange qui est menacé. Ses cours ont progressé de 10% depuis le 1er janvier 2014. Cette hausse est le fruit des vagues de sécheresse qui ont frappé le Brésil, premier producteur mondial d'orange. Par ailleurs, la «maladie du dragon jaune» renforce cette tendance. Cette bactérie venue d'Asie ravage les champs d'agrumes de Floride, deuxième producteur mondial. L'effet est redoutable: les fruits deviennent amers et tombent de l'arbre avant d'avoir mûri. «C'est du jus d'orange du petit déjeuner dont nous parlons, s'inquiétait déjà en janvier Michael Sparks, directeur de Florida Citrus Mutual (FCM), un groupement de producteurs. Sous dix ans, si nous n'enrayons pas le phénomène, cette denrée pourrait se raréfier».

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Faudra-t-il renoncer au petit noir? Une chose est sûre, ses prix sur les marchés financiers s'envolent. Le temps sec au Brésil fait exploser les cours de l'arabica, qui représente 70% de la production mondiale. Depuis le début de l'année, son cours en Bourse a augmenté de 63%, même si une légère baisse s'est amorcée il y a une semaine. Le Robusta produit au Vietnam accuse de son côté une moindre augmentation.

Autre mauvaise nouvelle: les amateurs de bacon pourraient aussi pâtir de l'augmentation de 40% des cours du porc à la Bourse de Chicago. Conséquence directe de la récente vague de froid aux Etats-Unis. «Mais également de l'épidémie de diarrhée qui sévit depuis mai 2013, ajoute Andrea Tueni, analyste marché chez Saxo Banque. Elle a causé la perte de près de quatre millions de porcelets».

o Les pays émergents à l'assaut du chocolat et du lait

Les pays émergents sont aussi responsables de la possible hausse de votre petit déjeuner, alors dépêchez-vous de déguster vos chocolats chauds! Le cacao a augmenté de 14% ces trois derniers mois et de près de 40% sur l'année 2013. La principale raison? Une forte demande des pays émergents que les petits producteurs n'arrivent pas à honorer. «On prévoit une hausse de la demande de 6% en confiseries et chocolats en 2014», confirme l'analyste. Faute d'investissements dans la filière, les prix des fèves de cacao devraient donc continuer à grimper dans les mois à venir.

Qui dit chocolat chaud, dit aussi consommation de lait. Et là encore, la Russie et la Chine font augmenter les cours du lait. Enfin, tous les produits sucrés pourraient coûter de plus en plus chers. Le sucre a augmenté de 15% sur ces trois derniers mois après une décision du Brésil, qui a choisi de revoir à la baisse ses récoltes de canne à sucre pour 2014-2015.

o Le spectre du phénomène «El Niño»

L'ensemble de ses facteurs ne suffisent pas à expliquer cette hausse des prix. «Il y a beaucoup de spéculations autour du phénomène météorologique El Niño qui s'étend sur tout le Pacifique, commente Andrea Tueni. D'après des prévisionnistes, il y a 75% de chance que nous traversions bientôt ce phénomène climatique qui entraînerait des sécheresses, cyclones ou encore des pluies torrentielles. Du coup, les marchés prennent déjà en compte ce risque à venir».

Conséquences dans quelques mois

Mais ces variations de prix vont-elles se répercuter dans les assiettes des Français? «Ces hausses sur les marchés auront des conséquences à long terme si cette tendance se maintient, répond le spécialiste qui précise que le cacao et le café seraient les premiers produits touchés. Néanmoins, il est trop tôt pour savoir dans combien de temps et dans quelle mesure le consommateur sera impacté». Malgré ces fluctuations, les entreprises ont aussi tendance à vouloir épargner le consommateur en établissant avec leurs fournisseurs des contrats sur plusieurs mois pour geler les prix.

En décembre dernier, les fabricants de chocolat manifestaient déjà leurs inquiétudes quant aux fortes tensions sur le marché du cacao. «Les entreprises ont l'habitude de gérer un certain degré de volatilité, mais l'exercice devient plus difficile quand les fortes hausses persistent», expliquait Florence Pradier, Secrétaire Générale du Syndicat du Chocolat dans un communiqué de presse. Pour l'heure, les entreprises parviennent à contenir cette hausse mais le syndicat du chocolat prévient: «Si l'augmentation perdure, cela deviendra impossible de maintenir des prix bas».

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  • s.thual le mardi 25 mar 2014 à 16:37

    on s en tape y a qu a revenir au bon casse croute aux rillettes paatés etc et la baguette un chti coup de rouge et au boulot,,!au besoin des tartine de harengs fumés,,,ce fait de la place dans le metro

  • xaavidf le vendredi 21 mar 2014 à 10:32

    Pour le café, on est encore loin du pic de avril 2010 (300 cents la livre avec un € aux environ d'1.45 $)