Pourquoi le Barça ne pioche plus dans sa Masia

le , mis à jour à 22:45
0
Pourquoi le Barça ne pioche plus dans sa Masia
Pourquoi le Barça ne pioche plus dans sa Masia

Sa réputation n'est plus à faire, quelques noms suffisant à rappeler son importance. La Masia, considéré comme le centre de formation le plus prestigieux de la planète depuis que ses produits, Lionel Messi, Andrés Iniesta ou Xavi ont marqué le football du XXIème siècle, a perdu une belle part de son efficacité, et donc de son aura.

Remise en cause par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), délaissée par Luis Enrique, elle a perdu son influence au coeur du projet catalan.

Le constat : Autrefois une habitude, désormais une rareté

Sergi Roberto, l'exception qui a confirmé la tendance

25 novembre 2012. Le FC Barcelone pulvérise Levante en Liga (4-0). Ce match restera dans la légende. Durant près d'une heure, les Blaugrana ont évolué avec un onze de joueurs uniquement formés au club. Une première dans l'Histoire du Barça. Une fierté pour ses dirigeants. Mais le cercle vertueux n'a pas duré. Cette saison, Sergi Roberto a été le seul nouveau représentant de la Masia dans le onze barcelonais, Denis Suarez (1182 minutes jouées), Marlon Santos (180 min), ou Carles Aleñá (40 min) n'ayant pas bénéficié d'un temps de jeu assez conséquent pour bénéficier du même statut. Parmi les habituels titulaires, les autres "canteranos" ne sont plus que cinq : Jordi Alba, Gerard Piqué, Sergio Busquets, Andrés Iniesta et Lionel Messi. Le renouvellement a pris du plomb dans l'aile. Les promotions sont rares.

Les grands d'Europe en profitent (comme Monaco et City)

Les jeunes pousses catalanes l'ont bien compris. A tel point qu'elles préfèrent, aujourd'hui, précipiter leur départ. Jordi Mboula, remarqué par ses performances en Youth League, va filer à l'AS Monaco pour à peine trois petits millions d'euros. Eric Garcia, 16 ans et considéré comme l'un des plus prometteurs, a décliné une offre de prolongation de contrat, probablement pour rejoindre Manchester City. Les exemples sont encore nombreux et ne datent pas d'hier : Thiago Alcantara, Hector Bellerin, Gerard Deulofeu ou Jonathan Dos Santos ont, déjà, débroussaillé les chemins. La plupart a démontré qu'elle avait bien fait. Les dirigeants du club ne s'en inquiètent pas, préférant vanter la qualité de sa formation, Josep Vives, le porte-parole, assurant qu'ils « ne recevraient pas autant d'offres pour leurs jeunes si la Masia ne fonctionnait plus ». La réalité est déguisée.

La raison : Transferts clinquants et recrutement de masse au... Barça

Luis Enrique a repoussé les principes

Alejandro Grimaldo, passé par la Masia avant de réussir une première partie de saison étonnante au Benfica Lisbonne, a imité tous ses camarades. Et avait ses raisons. "Accéder à l'équipe première au FC Barcelone a toujours été difficile. Mais désormais, le club ne prête plus attention à l'académie. Les joueurs qui partent ont pourtant le niveau pour continuer", avait-il confié au quotidien portugais O Jogo. La politique interne a bien changé. Des sommes folles ont été dépensées pour attirer Neymar, Luis Suarez, André Gomes, ou encore Samuel Umtiti. Luis Enrique, l'ex coach du club, n'avait pas souhaité retenir Sergi Samper ou Munir El-Haddadi. Le technicien, qui avait pourtant été choisi pour une philosophie similaire à celle de Pep Guardiola, a fait de son incapacité à intégrer les jeunes un échec immuable et durable.

Le Barça B n'est plus un tremplin

Si la Masia était un vivier, le Barça B servait de passerelle pour les « A ». L'équipe a d'ailleurs bouclé la saison écoulée en tête de son groupe en Segunda B, troisième niveau du football espagnol. Problème, elle a, elle aussi, subi de plein fouet la récente politique du board Blaugrana, puisqu'un recrutement massif a été effectué, ces dernières années, pour lui permettre de rester compétitive aux échelons inférieurs. Ainsi, Martinez, Fali, Gumbau, Alfaro, Cardona, ou Romera, tous habitués au onze de départ de la « B », ont débuté ailleurs. C'est au moment où le club catalan a amorcé cette approche qu'il a été épinglé par la filiale de la FIFA chargée de surveiller les transferts et sa commission de discipline, une dizaine de joueurs, dont le Français Théo Chendri, ayant, par exemple, rejoint la Masia alors qu'ils avaient à peine plus de 14 ans.

Et maintenant : Les rivaux ont repris le flambeau, Valverde doit le récupérer

Le comble : Pérez vante maintenant la formation madrilène

Le FC Barcelone a donc fait des choix à contre-courant, à l'heure même où ses principaux rivaux, le Real Madrid et l'Atlético, ont, peu à peu, tenté de promouvoir leur formation. Fraîchement réélu à la tête de la Casa Blanca, Florentino Pérez s'en est d'ailleurs vanté : « Nous avons construit une équipe de légende avec les meilleurs joueurs du monde et d'Espagne, mais aussi avec beaucoup de joueurs issus de la formation ». Dani Carvajal, Alvaro Morata, Casemiro, Nacho, Marco Asensio ou encore Lucas Vazquez ont, en effet, tous joué un rôle important dans la saison historique des Merengue. Saul Niguez, Koke, Gabi, Lucas Hernandez, Torres, ou encore Thomas Partey entrent systématiquement dans les plans de Diego Simeone, le coach des Colchoneros.

La bouée de sauvetage : Valverde pour un retour aux sources

Le Barça a privilégié Ernesto Valverde à d'autres noms plus clinquants pour son banc et c'est tout sauf un hasard. Ce choix traduit très certainement une volonté du club de renouer avec son système vertueux. Le technicien de 53 ans a bouclé quatre saisons remarquables à l'Athletic Bilbao, probablement le club européen le plus attaché à sa formation pour alimenter son onze. « Derrière tous les titres que le Barça a obtenu, il y a la Masia. La réussite de ce club ne tient pas seulement à tout ce qu'il a gagné. Mais surtout à comment et avec quelles personnes ils y sont parvenus. Répétez cela est un grand défi pour moi », a d'ailleurs lâché le coach dans une vidéo publiée sur le site officiel du FCB. Comme si les Blaugrana s'apprêtaient à faire un retour vers le futur.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant