Pourquoi la France peut battre la Nouvelle-Zélande

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Pourquoi la France peut battre la Nouvelle-Zélande
Pourquoi la France peut battre la Nouvelle-Zélande

Evidemment, le XV de France devra réaliser un énorme exploit, voire un miracle, pour faire chuter la Nouvelle-Zélande. Mais les Bleus ont malgré tout des raisons d'y croire. Surtout à Cardiff, huit ans après la sensation de 2007.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A CARDIFF,

Parce que les Blacks craignent les Français

Evidemment, un choc entre la Nouvelle-Zélande et la France n'est pas un match comme les autres. Surtout à Cardiff. Huit ans après l'énorme désillusion contre les joueurs de Bernard Laporte, les All Blacks n'ont rien oublié de ce traumatisme. Et si jamais ils avaient voulu occulter ce mauvais souvenir, la presse n'a logiquement eu de cesse d'interroger les champions du monde en titre sur le sujet. « Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et les Français diront probablement la même chose, affirmait Dan Carter lundi. Huit années ont passé depuis et on a mis sur pied une nouvelle équipe qui a vécu beaucoup de choses. On regarde devant nous. » Sauf que le fantôme de cette défaite hantera évidemment le Millennium Stadium samedi soir.

Depuis le début de semaine, les All Blacks ont d'ailleurs été particulièrement élogieux envers les Français qui leur avaient donné tant de mal en finale à Auckland en 2011. Car les Bleus, même médiocres la semaine dernière contre l'Irlande, font encore étrangement peur. « Ils vont nous proposer du combat devant, et mettre de la vitesse derrière, prévient Kieran Read, élu meilleur joueur du monde en 2013. Il faut se préparer au French flair : derrière, ils ont des centres de classe mondiale. On s’attend à ce qu’ils montent d’un cran. Ils vont certainement tout donner, à nous de faire pareil. » Même discours de la part du coach Steve Hansen, adjoint de Graham Henry en 2007. « Les Français répondent toujours présent dans les grandes occasions, à nous de le faire aussi. Ils ont cette capacité à se faire des passes et à créer quelque chose à partir de rien. Ils jouent avec beaucoup d'instinct et sont capables de tout lorsqu'ils sont au pied du mur. » Vraie peur ou simple intox ? Sans doute un peu des deux. Car la Nouvelle-Zélande, seulement battue à trois reprises depuis 2011, n'a sur le papier rien à craindre des Bleus. Mais cette peur quasiment irrationnelle de la France pourrait peser sur la rencontre disputée une nouvelle fois à Cardiff. Pourquoi les hommes de PSA vont-ils l'emporter samedi ? Selon Serge Blanco, tout simplement « parce qu'on est Français... ». Il avait fallu huit ans après 1999 pour que la France crée de nouveau la sensation en 2007. Huit ans plus tard, on encore rêve d'un exploit... 

Parce que les Français seront revanchards

Comment une équipe si décevante contre l'Irlande aurait-elle les moyens de faire chuter la meilleure équipe du monde ? Dans les faits, ça tient de l'exploit. Voire du miracle. Mais souvent les plus belles performances françaises voient le jour après de grosses déconvenues. « S'il n'y a pas une rébellion sur ce match-là, il faut changer de sport, lançait PSA jeudi en marge de l'annonce de son XV de départ. On est encore en vie, on est déçu de notre performance de la semaine dernière face à l'Irlande mais c'est un quart de finale. On connait les favoris, par contre on croit en nous, on croit en ce qu'on fait, les joueurs sont déterminés. Comme lors de toutes les grandes performances face à la Nouvelle-Zélande, il va falloir aller plus loin. Il va falloir être pratiquement dans un état second. » Peut-être que jamais une telle opportunité ne présentera dans la carrière de certains joueurs. « Le match d'une vie », « un rêve d'enfant » ou « le plus grand moment d'une carrière », voilà ce que doit représenter ce quart de finale contre les All Blacks. « On est au pied du mur, il faudra relever la tête, créer la surprise, selon Yoann Maestri. Pour la jeune génération, comme pour l’intermédiaire, la mienne, ce sera le plus beau match de notre vie. » « C'est le plus grand match de ma vie » selon Bernard Le Roux qui veut « défoncer Richie McCaw ». Animé par l'envie de bien faire tout autant que par la peur d'en prendre quarante, ce XV de France se doit une revanche. « C’est surtout un quart de finale de Coupe du monde pour nous après une défaite qui nous a fait du mal. C’est ce mélange d’ingrédients qui fait que ça va être un match dont on se souviendra et, j’espère, dont on aura plaisir à se souvenir. » Enfin, certains joueurs disputeront leur dernier match international en cas de défaite samedi. Papé et Mas, voire Dusautoir et Michalak, entendent bien battre les Blacks une dernière fois et prolonger l'aventure encore deux semaines. Comme d'ailleurs PSA... 

Parce que les Blacks ont eux aussi des failles

Evidemment, les points faibles néo-zélandais sont particulièrement minces. Si le statut de meilleure équipe de la planète est pour le moment incontestable, la Nouvelle-Zélande n'est pas imbattable. Cette année, Richie McCaw et ses partenaires n'ont pas réussi à remporter le Four Nations empoché par l'Australie. Et depuis le début de cette Coupe du monde, les Blacks ne sont pas non plus au sommet de leur forme malgré de solides statistiques : 25 essais marqués et une moyenne de 43,5 points inscrits. Lors des matchs de poule successivement remportés contre l'Argentine (26-16), la Namibie (58-14), la Géorgie (43-10) et les Tonga (47-9), les partenaires de Dan Carter ont malgré tout connu du déchet. De tous les quarts de finaliste, ce sont en effet les Blacks qui ont perdu le plus de ballons avec une moyenne de vingt par match (80 donc contre 63 pour les Français). 

Une autre lacune néo-zélandaise réside dans la discipline. En quatre matchs de poules, ils ont écopé de trois cartons jaunes pour McCaw, C. Smith et Read. Soit trois joueurs cadres de cette équipe. Seule l'Australie a fait pire avec quatre cartons. De leur côté, le compteur des hommes de Thierry Dusautoir et ses partenaires est bloqué à zéro dans ce domaine. Autant dire que l'arbitrage de Nigel Owens, qui n'avait pas vu le coup de poing de Sean O'Brien sur Pascal Papé la semaine dernière, sera très attendu.

Enfin, la conquête néo-zélandaise a parfois montré des signes de faiblesse. Autour des regroupements, mais pas seulement. Contre les Argentins, les Géorgiens et surtout les Tongiens, les Blacks ont été par moments bousculés en mêlée fermée. Et samedi, ils seront privés de l'expérimenté Tony Woodcock (118 sélections). « Il va falloir reprendre de manière basique la méthode des fondamentaux, retrouver une mêlée forte et être conquérants en touche, analyse l'ancien international Franck Mesnel. Il faut remettre la main sur le ballon. On a des mecs qui ont des qualités physiques exceptionnelles et je pense que contre les Blacks - qui n'ont pas tout donné certes - on a une chance à jouer en reprenant le jeu en main. C'est assez paradoxal ce que je vous dis, mais j'y crois fort. »

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