Pourquoi la France peut aller loin

le , mis à jour à 15:10
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Pourquoi la France peut aller loin
Pourquoi la France peut aller loin

Décevant depuis 2012, le XV de France suscite un scepticisme évident avant de débuter la Coupe du monde. Les Bleus ont pourtant des raisons d'y croire et même de viser une place dans le dernier carré.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL EN ANGLETERRE, JEAN-FRANCOIS PATURAUD

Le XV de France peut sortir premier de sa poule

En 2011, le XV de France avait perdu deux matchs de poule, contre la Nouvelle-Zélande et le Tonga, mais s'était malgré tout qualifié pour les quarts de finale. Cette fois, les Bleus auront nettement moins le droit à l'erreur. Les hommes de Philippe Saint-André ont évidemment les moyens de dominer l'Italie privée de Sergio Parisse, samedi. Un adversaire qu'ils ont surclassé (29-0) à Rome dans le Tournoi des VI Nations. Ensuite, ça ne devrait être qu'une formalité contre la Roumanie et le Canada. C'est évidemment lors du dernier rendez-vous face à l'Irlande que la première place de la poule D va se jouer. Certes, les Irlandais ont enchaîné les bons résultats ces derniers mois, remportant le Tournoi et devenant même la deuxième nation au classement mondial de World Rugby. Mais les hommes de Joe Schmidt n'ont pas été étincelants lors des matchs de préparation. Et l'Irlande a pris la mauvaise habitude de ne pas briller en Coupe du monde. Une victoire française est tout sauf impossible le 11 octobre prochain à Cardiff. Si les Bleus finissent premiers, ils éviteraient les Blacks en quart de finale et se frotteraient aux Argentins pour accéder au dernier carré. Avant pourquoi pas de retrouver l'Angleterre que la France a dominée cet été à saint-Denis. Là aussi, c'est jouable.

Les voyants sont au vert

Le bilan de la préparation estivale entamée le 5 juillet est positif. Contrairement à de nombreuses nations, comme le pays de Galles, la France a été épargnée par les blessures cet été. C'est quasiment au complet que les Bleus se présentent à cette Coupe du monde. Seul Wesley Fofana, touché à une cuisse contre l'Ecosse, manquera le premier match ce samedi à Twickenham. A Marcoussis, Tignes et Falgos, Thierry Dusautoir et ses partenaires ont travaillé sans relâche. Physiquement, ça se voit. Certains joueurs n'ont jamais été aussi affutés. Le groupe, réduit à 31 joueurs le 23 août dernier, semble aussi soudé. Chacun connait désormais la répartition des rôles. Aussi bien les titulaires que les remplaçants ou ceux qui ne seront pas souvent sur les feuilles de match. Évidemment le vécu de certains joueurs sera capital pour aborder cette compétition au sein d'un groupe dont l'expérience à ce niveau paraît un peu tendre. Frédéric Michalak, Thierry Dusautoir, Pascal Papé mais aussi Dimitri Szarzewski, pour ne citer qu'eux, ont déjà connu plusieurs Coupes du monde. Ils entendent bien briller pour leur dernière. 

La chance de Philippe Saint-André 

On dit souvent que Philippe Saint-André est né sous une bonne étoile. Suffisamment pour devenir le premier sélectionneur français à soulever la Coupe du monde ? L'ancien international (32 essais en 69 sélections) n'a évidemment pas convaincu durant son mandat. Avec 42,5% de succès (17 victoires, 2 nuls et 21 défaites en 40 matchs), le « Goret » n'a pas pour le moment pas connu une énorme réussite à la tête de l'équipe de France. Critiqué pour ses résultats et sa communication, PSA (48 ans) semble avoir changé depuis le début de la préparation. Plus souriant et détendu, il prend du plaisir à diriger quotidiennement ses joueurs. « On entre dans ce que je sais faire, disait-il en juillet à Tignes avec une certaine maladresse. C'est à dire être au quotidien avec les joueurs, tout gérer. » Comme il le faisait en club, notamment à Sale qu'il a emmené au titre de champion d'Angleterre en 2006 et à la victoire en Challenge européen un an plus tôt. « Ce que Philippe arrivait à faire quand il se mettait en mode jour de match : moi, je vous assure, j'y grimpais, aux rideaux, lançait Lionel Faure à l'AFP voilà quelques semaines. Il est à 200% capable d'arriver à faire prendre la mayonnaise. »

Un jeu fermé qui pourrait convenir aux Bleus

Evidemment, il reste encore beaucoup à dire sur le jeu proposé par le XV de France. Offensivement, c'est encore très pauvre. Contre l'Ecosse (19-16) le 5 septembre dernier, les Bleus ont même été très décevants deux semaines seulement après une victoire plutôt convaincante contre l'Angleterre. Certains diront que ces Bleus, en panne d'imagination dans le jeu et incapables de remporter le moindre Tournoi sous le mandat de PSA, partent de trop loin. Mais tout est désormais remis à zéro. Le Mondial anglais s'annonce ouvert chez les favoris. Seuls les Blacks sont clairement au-dessus du lot. Tout est donc possible. Mais sur le terrain, la compétition ne s'annonce pas forcément spectaculaire. Si ce n'est lors d'affiche déséquilibrée, comme Nouvelle-Zélande – Namibie, le jeu proposé en Angleterre devrait être plutôt fermé. Tant mieux pour les Bleus. Avant tout, c'est la défense qui fera la différence à ce niveau. Si les Bleus, vêtus de rouge samedi face aux Italiens, sont performants dans ce domaine, ils pourraient aller loin.

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