Pourquoi Hakan Sükür risque la prison

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Pourquoi Hakan Sükür risque la prison
Pourquoi Hakan Sükür risque la prison

Hakan Şükür, 44 ans, la barbe fournie, les tempes grisonnantes, va être jugé par contumace pour avoir insulté Recep Tayyip Erdogan sur Twitter. Le parquet du district de Bakiköy a ouvert une enquête. Le Taureau du Bosphore risque quatre ans de prison. Une affaire devenue courante en Turquie, où, sur fond de bataille interne entre l'AKP et la confrérie spirituelle Gülen, et de guerre contre les Kurdes, les plaintes pour "insultes" envers le président de la république turque affluent.

La dernière en date à faire le buzz ? Celle d'un mari envers sa femme qui aurait, devant sa télé, insulté plusieurs fois le président rapportent Zaman et d'autres médias locaux. Qu'elles soient avérées, maquillées ou parfois même montées de toutes pièces, les plaintes pour "insulte" envers Erdogan engorgent actuellement les tribunaux. Mais pour Bayram Balci, spécialiste de la Turquie et chercheur au CERI, les accusations d'outrage au président dissimulent parfois d'autres raisons sous-jacentes : ""Le pouvoir d'Erdogan a une politique claire et tranchée sur l'identité de ses amis et de ses ennemis. Parfois condamner quelqu'un pour "insultes", c'est simplement une bonne raison pour l'arrêter et le neutraliser." Selon lui, Hakan Şükür serait victime de ce genre d'imbroglio judiciaire. Largement critiqué par la presse internationale pour sa guerre contre les Kurdes et sa relation trouble avec l'EI, et en plein bras de fer avec l'Europe sur la question des migrants, l'Etat turc semble rentrer dans une certaine "paranoïa". Dans un tel contexte, s'en prendre à l'icône, meilleur buteur de la sélection nationale (51 buts en 112 sélections, ndlr) et buteur historique de Galatasaray, est un gros risque. "Le pays s'isole toujours un peu plus. La crise politique est tellement profonde que bien des choses ont cessé d'être cohérentes", ajoute Bayram Balci. Au-delà de son statut d'ancienne star du ballon rond, "Hakan est un symbole". Le symbole d'une Turquie en proie aux doutes et aux inquiétudes vis-à-vis du virage politique pris par Erdogan et l'AKP. Car, comme quelques universitaires, médias, intellectuels et figures politiques, Şükür s'est risqué à la critique. Or, pour beaucoup de "juges complaisants au régime en place", selon le chercheur au CERI, la frontière entre critique et insulte, reste trouble. "Certains veulent absolument plaire à Erdogan, alors ils font du zèle".

Hakan Sükur risque la prison

Lobby du sang


Retraité en 2008, Hakan Şükür se lance dans la politique trois ans plus tard. En 2011, il s'inscrit sur les listes de l'AKP aux législatives, puis devient député. Mais très vite, son appartenance à la…



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