Pourquoi Exxon va en mer de Kara

le
1

Commodesk - La pétrolière américaine Exxon a payé cher l'accès à la mer de Kara, une zone de l'Arctique sibérien réputée renfermer en réserves cinq fois la consommation mondiale annuelle de pétrole.

En effet, en échange de 33,3% du projet Kara, Exxon a accepté de laisser Rosneft participer à hauteur de 30% à six de ses projets dans le Golfe du Mexique et au Texas, un périmètre où la ressource pétrolière est nettement plus accessible et de rentabilité immédiate.

C'est loin d'être le cas à Kara, puisque les blocs de Prinovozemelski Est 1,2 et 3 se trouvent dans une zone gelée neuf mois par an, et qui a servi de décharge pour les déchets nucléaires de l'ex-URSS pendant des décennies. Exxon devrait cependant profiter de la fonte des glaces qui modifie la donne en Arctique.

La compagnie a déjà testé les froids polaires à Sakhaline, où elle est aussi partenaire du numéro 1 russe du pétrole Rosneft. L'Américain apporte des technologies de forage pétrolier  et gazier dont les Russes ne disposent pas.

La major américaine doit investir 2,2 milliards de dollars dans l'exploration de la mer de Kara, dont le potentiel commercial n'est pas prouvé.  Son partenaire russe estime le pétrole récupérable à 400 milliards de barils, et 8,3 milliards de m3 de gaz (34,46% des réserves en hydrocarbures du plateau continental russe d'après le ministère russe des Ressources). Mais Rosneft ne mettra pas un centime dans la zone, soulignent les médias russes.

La démarche  d'Exxon se comprend mieux dans une perspective longue, sachant que les opportunités d'investir dans le secteur énergétique en Russie avec la bénédiction du pouvoir ne sont pas si nombreuses. Exxon a raté une occasion de partenariat avec Yukos en 2003, peu avant que son patron Mikhaïl Khodorkovski perde le contrôle de la société, qui a fini dépecée au profit de Rosneft. Exxon renoue donc avec une perspective ancienne en signant avec cette compagnie.

Exxon a expérimenté à Sakhaline les revirements du pouvoir russe, proche des milieux pétroliers, manquant de peu d'être évincée du projet. Mais elle bénéficiera en Arctique du statut fiscal privilégié accordé à son partenaire russe, puisque les produits de la zone seront taxés à 5%, un taux dérogatoire (12 à 25% ailleurs). Etrangement, souligne une analyse de l'école de commerce russe Skolkovo, en vertu d'un décret présidentiel, c'est l'entreprise d'Etat Rosneft, au lieu de l'Etat, qui collectera les impôts dans cette zone.

La suite de l'histoire devrait être intéressante à suivre si BP devient l'actionnaire étranger principal de Rosneft (dont l'Etat conserve la majorité).

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • earth1st le jeudi 18 oct 2012 à 13:25

    Cool on pourra mettre du pétrole radioactif dans nos voitures. Ça va booster les moteurs. On pourrait en rire si c'était pas si désespérant !