Pourquoi (et comment) vous devez renégocier votre prêt immobilier

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FOCUS - Chaque personne ayant acheté un bien depuis 2008 en a la possibilité. Alors qu'on empruntait à 5,30% sur 20 ans en 2008, nous sommes aujourd'hui, pour la même durée, à... 2,70%.

«Les taux de crédits immobiliers continuent de baisser», «on n'a jamais emprunté à des taux aussi bas en France»... Des formules que l'on entend depuis des mois. En réalité, cette baisse significative des taux de crédits immobiliers est effective depuis... 2008! Aujourd'hui, tout acheteur ayant acquis sont bien entre cette date et l'année dernière a potentiellement des avantages - variables - à renégocier son prêt aujourd'hui. Maël Bernier, directrice de l'agence de courtiers immobiliers Meilleurstaux explique au Figaro pourquoi - et surtout comment! - faire.

o Effectivement, les taux n'ont jamais été aussi bas. Qu'on se le dise une bonne fois pour toute. Toutes les années précédentes ont enregistré des taux plus élevés qu'aujourd'hui, et ce jusqu'en 2008. «C'est une raison suffisante pour se poser au moins la question de renégocier votre taux, et de remettre le nez dans vos papiers... Dès que vous avez signé un emprunt avec un taux supérieur à 3,5%, c'est que vous avez un manque à gagner.» Cela dépend aussi combien d'argent vous avez emprunté, et combien vous avez déjà remboursé.

o Dans les faits, les Français arrivent-ils à renégocier actuellement? Oui. C'est une tendance qui traduit une vraie prise de conscience. «Environ un tiers des dossiers qui nous parviennent en ce moment sont liés à cela», indique Maël Bernier. «Les gens commencent à se rendre compte qu'il y a un coup à jouer, et qu'ils peuvent vraiment être gagnants.» Deux solutions pour cela: aller voir son banquier et négocier. Mais sachant qu'il avait lui-même emprunté à des taux plus bas que vous, il ne vous accordera la plupart du temps qu'une baisse minime... qui sera à 0,6 ou 0,7% au dessus de ce que vous accorderait une banque concurrente. La meilleure solution est donc soit de se rendre chez un concurrent ou chez un courtier.

o Aurez-vous des frais à payer? Oui, et ils sont inévitables. Fort heureusement, leur impact sera limité comparé aux économies que vous ferez grâce à la renégociation de votre emprunt. «Ils sont de deux types: les frais de remboursement anticipés, qui ne peuvent excéder 3% du capital restant dû. Et le prix de la nouvelle garantie sur le nouveau montant, dont la fourchette se situe entre 2500 et 5000 euros, introduits de facto dans votre nouveau prêt.

o Pourquoi vous avez toutes les chances de parvenir à renégocier. Parce que vous êtes un potentiel nouveau client d'une banque! Pour les banques, le prêt immobilier est l'argument de fidélité numéro un. «Ce n'est qu'au moment où les clients s'intéressent à l'immobilier qu'ils deviennent de vrais clients de leur banque, en signant des prêts pour plusieurs années», précise Maël Bernier. Seul petit bémol qui peut compliquer votre négociation: si votre situation professionnelle s'est dégradée depuis la signature de votre premier emprunt.

o Le profil type du «grand gagnant» de la renégociation aujourd'hui. «On peut tabler sur un acheteur qui a signé un prêt sur 20 ans en 2008, à un taux de 5,3 ou 5,4%. Aujourd'hui, il lui reste donc 14 ans pour rembourser un prêt... qu'il aurait signé à un taux de 2,70% aujourd'hui!», décrit Maël Bernier. Mais si l'on veut établir une fourchette un plus large, on peut dire que les gagnants sont tous les acheteurs qui ont contracté des prêts à un taux avoisinant les 4,5%, au montant élevé (supérieur à 250.000 euros) dont la durée restante est encore importante (supérieure à 15 ans).

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  • slysteph le jeudi 4 déc 2014 à 19:11

    Les clients du Cic vont se faire rare car aucune renegociation possible en interne cette banque est depasse....

  • f.peter le jeudi 4 déc 2014 à 14:18

    Et si tous les abonnés demandaient à renégocier le prix de leur abonnement au journal LE FIGARO?