Pourquoi Auckland a dépassé Londres dans la folie immobilière

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Cette année, les prix des logements à Auckland ont bondi de 11%, un record mondial. Zoom sur la «cité des voiles» où le prix moyen d’une petite maison en banlieue s’élève désormais à un million de dollars néo-zélandais.

C’est officiel, Auckland est devenue la ville où le marché immobilier a connu la hausse la plus spectaculaire ces derniers mois. En plein essor, le prix des logements au cœur de l’agglomération a atteint une augmentation record: + 11% par rapport à l’année précédente, si l’on en croit une étude publiée par le réseau immobilier Knight Frank. En tête du podium parmi les lieux qui connaissent les plus fortes augmentations de leurs loyers, on trouve également la Turquie (+ 13,9%) et le Canada (+10%) qui se placent derrière Auckland une fois l’inflation décomptée.

Si le Premier Ministre néo-zélandais John Key a refusé le terme, la plupart des habitants de Auckland s’accordent aujourd’hui à dire qu’une crise du logement est bel est bien route. Et pour cause, ils sont actuellement plus de 1,4 million à résider dans cette ville la plus peuplée du pays.

Montée en flèche des investisseurs chinois

Il y a 10 ans, le prix moyen d’une maison à Auckland s’élevait à 500.000 dollars néo-zélandais (plus de 331.800 euros), il culmine désormais à 1 million de dollars affirme The Guardian, soit près de 664.000 euros. À ce prix local jusqu’ici inédit, n’imaginez pas devenir l’heureux propriétaire d’une superbe villa avec vue sur la baie, mais comptez plutôt sur une modeste maisonnette non rénovée en banlieue, avec trois pièces.

Comment expliquer un tel boom immobilier? Pour le quotidien anglais, l’impact du Brexit est incontestable. L’annonce tonitruante tombée en juin dernier a poussé de nombreux Britanniques à envisager une nouvelle vie à Auckland. Dans les 49 jours qui ont suivi la nouvelle, plus de 10.000 d’entre eux ont manifesté un réel intérêt pour la Ville des voiles, comme on l’appelle. Ils viennent grossir les rangs des nouveaux venus et dopent au passage la demande de logements. Conscients de ce potentiel, les investisseurs chinois figurent également parmi les premiers acquéreurs de propriétés à Auckland.

Le travail, le soleil, et la mer

Car la cité des voiles a en effet visiblement tout pour plaire. Le marché de l’emploi y est bien portant même si la croissance économique n’est pas fulgurante. Plus attachés aux qualités humaines qu’aux diplômes, les Kiwis n’hésitent pas embaucher des salariés venus du monde entier pour renouveler régulièrement leurs postes. Et dans ces conditions, quoi de plus attrayant que d’apercevoir la mer chaque jour de l’année? Avec un climat subtropical et plus de 2000 heures annuelles d’ensoleillement, les plages d’Auckland séduisent les visiteurs du monde entier tentés de s’installer dans cette ville cosmopolite, moins gigantesque que Londres, Sydney ou Singapour.

Des mesures gouvernementales pour limiter la frénésie

Face à cette ruée, la Banque Centrale de Nouvelle-Zélande a même été contrainte d’adopter des nouvelles mesures pour freiner les ardeurs du marché et préserver ses ressortissants néo-zélandais. Depuis cet été, les nouveaux acquéreurs se sont notamment vus dans l’obligation de verser au moins 40% du montant de leur achat immobilier en espèces et le gouvernement a mis en place des incitations financières afin d’encourager les emménagements dans d’autres localités du pays. Car un problème d’accession à la propriété pour les ménages d’Auckland à faibles revenus va inévitablement se poser. Ils devront choisir de s’éloigner pour vivre dans des communes plus abordables, ou de louer. Et là non plus, la ville n’est pas bon marché avec un loyer mensuel moyen de 1425 euros, soit 32% du revenu moyen mensuel des ménages.

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