Pour vieillir chez soi, il faut agir tôt

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Pour vieillir chez soi, il faut agir tôt
Pour vieillir chez soi, il faut agir tôt

« Une douche à l'italienne ? Mais pourquoi, je l'aime bien ma baignoire ! » « Ah ne touche pas à mon tapis, c'est ton père qui l'avait acheté, je l'ai toujours connu là, pourquoi il serait devenu dangereux ? » Vieillir chez eux, 90 % des Français le désirent. Mais adapter leur logement pour que ce désir reste une réalité, moins de 10 % des seniors s'y résolvent. Et, selon une étude que nous dévoilons, les freins sont loin d'être uniquement financiers, comme le démontre l'enquête menée par l'institut Adjuvance pour l'Agence nationale de l'amélioration de l'habitat, qui finance chaque année l'adaptation de 15 000 logements de propriétaires peu aisés.

A l'heure où le Sénat examine, à partir de ce matin et jusqu'à jeudi, la loi d'adaptation de la société au vieillissement, censée faciliter le maintien à domicile des personnes âgées, on s'aperçoit que l'adaptation du logement survient... quand il n'y a plus le choix. Mal vécue, pas anticipée, elle est encore aujourd'hui la dernière étape avant l'entrée en maison de retraite... Alors que la barre de douche ou le chemin lumineux installés aux jours heureux du début de la retraite auraient peut- être pu éviter cette issue pourtant largement redoutée.

« Seuls les jeunes seniors, ceux qui ont moins de 65 ans aujourd'hui, sont vraiment conscients de la nécessité de penser le vieillissement. Ils voient ou ont vu leurs parents lâcher la rampe et on ne les y prendra pas... explique Nicolas Menet, sémiologue et président d'Adjuvance. Mais pour les deux autres tranches, grosso modo les 65-75 ans et les plus de 75 ans, c'est beaucoup plus compliqué. »

Son étude, menée dans deux départements, met au jour deux attitudes bien distinctes. Pour les soixante-huitards, « la barre de douche... revient à mettre un barreau à leur fenêtre », sourit le sémiologue. « Ils associent l'aménagement du logement à une perte de liberté, ils commencent à avoir des ...

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