Pour vendre du luxe, les agents immobiliers rallongent leurs phrases

le
0

La fréquence du recours au jargon immobilier dépend fortement du bien dont il est question, selon une étude. Pour un bien très haut de gamme, le verbiage est parfois à la limite du ridicule.

«Paroles, paroles, paroles, paroles, paroles et encore des paroles», chantait Dalida en 1973. Dans l’immobilier, les paroles et le jargon, c’est tout un art! Termes techniques indispensables, expressions incontournables comme le terme «atypique» par exemple, sans oublier de napper le tout de verbiage, et de raconter une véritable histoire.Et, faut-il s’en étonner? plus le bien est cher, plus les histoires sont belles! C’est le constat d’une étude réalisée par le site américain Realtor.com et rapportée par le Wall Street Journal.

Cet effet de style parfois grandiloquent est particulièrement visible dans les annonces. «Majestueusement déposée le long du golf chatoyant du Mexique», peut-on par exemple lire sur un site de petites annonces américain, décrivant une maison sur la mer à 10,9 millions de dollars située à Sarasota, en Floride. La même annonce précise également une «harmonie unique» dans un «havre de sérénité» idéal pour la «méditation».

Dans cette petite annonce britannique de Savills pour ce luxueux appartement situé en plein centre de Londres, on utilise une phrase à rallonge: «une opportunité exceptionnelle pour acquérir l’un des appartements les plus spectaculaires de Londres, dans la résidence la plus exclusive du monde, One Hyde Park.» Pas moins de 24 mots, et des hyperboles rien que pour la première phrase de l’annonce!

Moins d’efforts de persuasion pour les prix modérés

Pour réaliser son étude, Realtor.com a comparé environ un millier d’annonces de biens situés sur le sol américain qui étaient en vente durant le mois de novembre dernier. Ils ont ensuite défini deux extrémités: les biens en vente à 10 millions de dollars ou plus, et les biens n’excédant pas les 750.000 dollars! Résultat: plus le bien est cher, plus le nombre de mots utilisés par phrase est élevé. Pour décrire un bien supérieur à 10 millions de dollars, on compte en moyenne 18 mots par phrase (contre 13 dans l’autre cas de figure). Mieux, le nombre de syllabes par mots est lui aussi plus élevé lorsqu’il s’agit d’un bien haut de gamme.

«Dès qu’il y a beaucoup d’argent en jeu pour un bien, cela engendre des adjectifs et des adverbes à gogo», explique Javier Vivas, un économiste qui a participé à cette étude. Selon lui, les agents chargés de vendre des biens haut de gamme sont persuasifs, tandis que les professionnels qui s’occupent de maisons plus «modestes» ont tendance à être beaucoup plus réalistes.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant