Pour Valls, la tuerie de Nice est bien de nature islamiste

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    * Valls confirme la radicalisation rapide du tueur 
    * Il dénonce une "dérive démagogique" à droite 
    * La polémique fait rage entre Estrosi et Cazeneuve 
 
    PARIS, 17 juillet (Reuters) - Pour Manuel Valls, le 
caractère islamiste de la tuerie de Nice et la radicalisation 
expresse de son auteur, abattu par la police au bout d'une 
course folle au volant d'un camion qui a fait 84 morts jeudi 
soir, ne font aucun doute. 
    Dans une interview publiée par le Journal du Dimanche, le 
Premier ministre dénonce par ailleurs une "dérive démagogique" 
d'une partie de la droite, qui a mis en cause le gouvernement.  
    Le groupe Etat islamique (Daech) a revendiqué samedi cet 
attentat en présentant son auteur, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, 
tunisien vivant à Nice, comme un de ses "soldats".   
    "L'on sait maintenant que le tueur s'est radicalisé très 
rapidement", déclare Manuel Valls. "La revendication (...) de 
l'Etat islamique, la radicalisation rapide du tueur, viennent 
confirmer le caractère islamiste de cette attaque." 
    Pour lui, l'attentat de la Promenade des Anglais s'inscrit 
dans un des modes opératoires de Daech consistant à encourager 
le passage à l'acte d'individus inconnus des services de 
renseignement, puis à approuver a posteriori leurs actions. 
    "Daech fournit à des individus déséquilibrés un kit 
idéologique donnant sens à leurs actes. L'enquête devra le 
démontrer mais c'est sans doute le cas de l'attentat de Nice", 
explique Manuel Valls, selon qui "ce sont les cas les plus 
difficiles à détecter" et à "anticiper". 
    Dès les premières heures, après l'attentat de jeudi, des 
élus et dirigeants de droite ont accusé le gouvernement de 
n'avoir pas fait le nécessaire pour éviter ce type d'actes, huit 
mois après ceux du 13 novembre qui ont fait 130 morts à Paris. 
    La polémique fait notamment rage entre le ministre de 
l'Intérieur et le président Les Républicains de la région 
Provence-Alpes-Côte d'Azur, Christian Estrosi, sur le nombre 
d'agents de la Police nationale mobilisés jeudi pour assurer la 
sécurité du feu d'artifice du 14-Juillet, à Nice. 
    Selon Bernard Cazeneuve, 64 agents de la police nationale, 
42 policiers municipaux et 20 militaires étaient mobilisés, ce 
que conteste l'ex-maire de Nice. 
     
     "TRUMPISATION DES ESPRITS" 
    "Lorsque le ministre de l'Intérieur dit qu'il y avait 
suffisamment d'effectifs de police, c'est un flagrant délit de 
mensonge (...) Il dit qu'il y avait 64 policiers nationaux. 
C'est faux (...) L'enquête le démontrera", a-t-il dit à iTELE. 
    Dans le JDD, Manuel Valls appelle les élus et dirigeants 
politiques à la dignité dans cette situation troublée. 
    "Si certains dans l'opposition s'y refusent, si même ceux 
qui étaient considérés comme modérés participent à cette dérive 
démagogique, c'est très grave. Les Français ne l'accepteront 
pas", ajoute-t-il, dans une allusion à Alain Juppé, candidat à 
la primaire de la droite pour la présidentielle de 2017. 
    Le maire de Bordeaux avait dit d'abord que "si tous les 
moyens avaient été pris, le drame n'aurait pas eu lieu". Il 
revient à la charge dans une interview accordée au Parisien 
Dimanche. 
    "Je connais la difficulté de la tâche mais le fatalisme 
n'est pas une politique", déclare-t-il. "Il faut passer à la 
vitesse supérieure dans ce combat." 
    Réplique de Manuel Valls : "Expliquer que si on avait mis 
plus de moyens aurait empêché l'attentat de Nice, c'est mentir à 
nos concitoyens et ne rien comprendre à la nature du défi." 
    "Tout débat est légitime mais l'attitude qui consiste à 
mettre en cause l'unité du pays fait le jeu des terroristes", 
ajoute le Premier ministre, qui évoque un "risque de fracture" 
et de dislocation de la société française. 
    Il cite l'existence de groupes d'extrême-droite qui ont, 
selon lui, le même intérêt que Daech à chercher l'escalade, et 
dénonce la tentation de remettre en cause l'état de droit. 
    "La réponse à l'Etat islamique ne peut pas être la 
'trumpisation' des esprits", souligne-t-il en se référant au 
fantasque candidat républicain à l'élection présidentielle 
américaine, Donald Trump. "Le laisser-aller, les facilités de 
l'opinion, les tentations populistes sont des poisons." 
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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