Pour Tsipras, restructurer la dette grecque est "vital"

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* L'OCDE aidera la Grèce à mettre en oeuvre des réformes * Tsipras confirme qu'il ne veut plus d'austérité * Il plaide pour des relations plus confiantes avec l'UE (Avec détails supplémentaires) PARIS, 12 mars (Reuters) - Il est vital pour la Grèce d'obtenir une restructuration de sa dette publique afin de retrouver des marges de manoeuvre lui permettant de planifier et d'organiser son économie et de se financer à nouveau sur les marchés, a déclaré jeudi Alexis Tsipras. "Nous ne pouvons plus prétendre que la dette publique du pays est viable et que son service peut être assuré quand elle est à 178%" du produit intérieur brut, a dit le Premier ministre grec. "Il est absolument vital pour la Grèce d'obtenir une restructuration de sa dette" a-t-il ajouté. Restructurée, la dette grecque pourrait s'engager fermement sur une trajectoire de baisse, même avec une reprise modeste de la croissance nominale, a-t-il souligné. Alexis Tsipras s'exprimait au siège de l'OCDE à Paris, où il a signé un accord d'assistance technique pour l'identification et la mise en oeuvre de réformes de l'économie grecque par son gouvernement issu des élections de mi-janvier. Il a assuré qu'Athènes avait les moyens de faire face à ses obligations financières même s'il ne reçoit pas de nouvelle tranche de son aide internationale, actuellement gelée par ses grands créanciers le temps d'évaluer ce programme de réformes. "Il n'y a aucune raison de s'inquiéter (...) même s'il n'y a pas de versement d'une tranche en temps voulu, la Grèce remplira ses obligations", a-t-il assuré, alors que des économistes s'inquiètent du risque d'un défaut de paiement du pays. Selon l'Agence grecque de la dette publique (PDMA), le pays doit rembourser cette année 16 milliards d'euros au titre du principal de sa dette, auxquels s'ajoutent 5,87 milliards d'euros au titre des intérêts. ID:nL5N0WC3SA Mais Athènes n'a plus accès aux marchés obligataires et ses émissions de bons du Trésor sont plafonnées, tandis que les banques du pays ne peuvent compter que sur les liquidités de la banque centrale nationale dans le cadre d'un mécanisme d'urgence. ID:nL5N0WE4SG COMPRÉHENSION MUTUELLE Alexis Tsipras a une nouvelle fois exprimé sa volonté de rompre de manière "irréversible" avec les années d"'austérité" imposée par la "troïka" constituée par l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le FMI en échange de leur aide à la Grèce. Il a indiqué qu'Athènes souhaitait nouer avec ses partenaires européens une nouvelle relation "fondée sur la sincérité et la compréhension mutuelle", l'accord conclu avec l'OCDE devant permettre, selon lui, de faire progresser les choses sur ce point. "Nous sommes ici pour que l'OCDE mette son sceau sur les réformes que le gouvernement grec compte introduire et je pense que son visa sur notre passeport sera très significatif pour établir une confiance mutuelle avec nos créanciers", a-t-il dit. Cette confiance est mise à mal par des polémiques entre la Grèce d'une part, l'Allemagne et la BCE de l'autre, cette dernière ayant été accusée par le ministre des Finances Yanis Varoufakis de mener une politique "asphyxiante" envers Athènes. ID:nL5N0WE3XZ Pour Alexis Tsipras, les nouvelles réformes "structurelles" que les Grecs entendent mettre en oeuvre doivent permettre de rétablir la justice sociale et la croissance. Des discussions techniques ont repris mercredi à Bruxelles entre représentants grecs et les "institutions", la nouvelle dénomination de ce qui formait initialement la troïka, sur la nature des réformes envisagées, censées permettre le déblocage d'une nouvelle aide. La Grèce a jusqu'à la fin avril pour détailler son programme. (Ingrid Melander, Alexandria Sage et Yann Le Guernigou, édité par Marc Angrand)

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