Pour SwissLife, le Japon déçoit, les Etats-Unis stagnent et l'Europe n'investit pas assez

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Dans sa note de conjoncture, SwissLife insiste entre autres sur la déception survenue au cours des dernières semaines du côté du Japon.
Dans sa note de conjoncture, SwissLife insiste entre autres sur la déception survenue au cours des dernières semaines du côté du Japon.

Dans sa dernière « Lettre de gestion », SwissLife publie une analyse de la situation macroéconomique actuelle. Beaucoup d’éléments mitigés sont à prendre en compte rappelle l’établissement, mais cela ne remettrait pas forcément en cause une hausse des marchés.

Affichant un point de vue prudent sur la situation économique à court et moyen terme, la note de conjoncture de SwissLife rejoint celle de Natixis AM que nous évoquions plus tôt en cours de journée, mais s’en différencie par un certain nombre de points, notamment en ce qui concerne le Japon.

Etats-Unis : les marchés anticiperaient désormais une quasi-absence de remontée des taux

« Après le très fort coup de frein enregistré par la croissance américaine en début d’année, les anticipations de hausse des taux directeurs de la Fed se sont plus ou moins évanouies, la grande majorité des économistes tablant maintenant sur un statu quo jusqu’en 2016 ou, éventuellement, un seul mouvement à l’automne avant de poursuivre l’année suivante », affirme SwissLife.

Le maintien d’une politique monétaire accommodante aux Etats-Unis est perçu comme une bonne nouvelle pour les investisseurs, et ce malgré le risque de bulles qu’une telle action peut engendrer. Mardi matin, Jean-Paul Pollin du Cercle des économistes consacrait ainsi une chronique aux risques potentiellement déstabilisateurs d’une remontée des taux américains (« La Fed pourra-t-elle remonter ses taux d'intérêt sans déstabiliser les marchés ? »).

Concernant l’évolution de la croissance américaine, SwissLife poursuit : « On devrait pouvoir tabler sur un rebond de la croissance au deuxième trimestre, mais sans doute moins fort qu’en 2014 ». L’assureur vie adopte ainsi une pensée semblable à celle de Natixis AM sur cette question (lire l’article consacré aux anticipations macroéconomiques e Natixis AM).

Japon : une certaine déception

Si la note de conjoncture de SwissLife s’accorde avec celle de Natixis AM sur la situation attendue aux Etats-Unis, tel n’est pas le cas en ce qui concerne la situation japonaise. SwissLife souligne en effet sa relative déception vis-à-vis de la troisième économie mondiale.

« La BoJ [Banque centrale du Japon, ndlr] a déçu en observant un statu quo tranchant quelque peu avec la politique très volontariste affichée depuis des mois. L’inflation retraitée de la hausse de TVA entrée en vigueur en 2014 demeure à zéro ». « Par ailleurs, l’annulation de la seconde hausse, initialement programmée pour 2015 et annulée par la suite, n’a fait l’objet d’aucune mesure de compensation dans le projet de budget du gouvernement ».

« En toute logique, après Moody’s en décembre dernier, Fitch en a tiré les conclusions et a abaissé la note de l’archipel à « A ». Seule consolation : la balance du commerce extérieur, qui repasse dans le vert pour la première fois depuis 2012 ».

Europe : l’investissement manque toujours pour une reprise durable

« Plus de doute sur l’amélioration de la conjoncture, mais […] nous le réaffirmons, il faudra que l’investissement prenne le relais », affirme SwissLife.

Si les chiffres de croissance trimestrielle ont été meilleurs qu’attendu en France et en Espagne, et relativement conformes aux attentes en Allemagne, SwissLife rappelle que cette même croissance trimestrielle s’est arrêtée net au Royaume-Uni, suivant ainsi l’incertain chemin américain.

Quant au dossier grec, l’éventualité d’un large défaut semble constituer le scénario central de SwissLife, qui affirme : « le feuilleton grec se poursuit, sans que l’on puisse envisager une autre solution que celle consistant à effacer tout ou partie de la dette ».

Malgré ces différentes mises en garde, SwissLife estime que « si la tendance économique poursuit son amélioration, la décote du marché européen pourrait se résorber », faisant ainsi allusion à un éventuel mouvement de rattrapage des indices boursiers européens par rapport aux indices boursiers américains, ces derniers ayant progressé nettement plus rapidement que les premiers entre 2010 et 2014. En somme, SwissLife reste malgré tout « bullish » sur l’Europe.

X. Bargue

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