Pour Square et Match, les débuts boursiers s'annoncent risqués

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SQUARE ET MATCH FONT LEURS DÉBUTS BOURSIERS CE JEUDI À NEW YORK
SQUARE ET MATCH FONT LEURS DÉBUTS BOURSIERS CE JEUDI À NEW YORK

par Noel Randewich

SAN FRANCISCO (Reuters) - Les investisseurs qui envisagent d'investir dans la société de paiements mobiles Square ou dans le site de rencontres Match Group, qui font tous deux leurs débuts boursiers ce jeudi, feraient bien d'y réfléchir à deux fois au vu des performances médiocres de récentes introductions en Bourse très suivies.

Une brutale flambée d'instabilité à Wall Street et la perspective d'une remontée des taux directeurs de la Réserve fédérale le mois prochain, perspective qui n'enchante guère les investisseurs, ont valu des débuts de parcours boursier cahoteux pour certains nouveaux venus de la cote.

Sur 14 IPO lancées à Wall Street ces 12 derniers mois à grand renfort de publicité, la moitié sont à présent dans le rouge, sous leur prix d'introduction, parmi lesquels le service de stockage en ligne Box et LendingClub, un site de crédit participatif présenté comme l'un des pionniers d'une économie du partage encore naissante mais en plein essor.

"L'horizon est plombé c'est évident; on s'interroge sur les perspectives d'avenir de certaines de ces sociétés", dit James Angel, professeur de finance de l'Université Georgetown.

Depuis le début de l'année, les IPO accusent en moyenne une baisse de 4,8% sur le prix d'introduction en Bourse, selon Renaissance Capital, qui gère des fonds d'investissement spécialisés.

Le scénario n'a même pas épargné Ferrari, qui avait mis à prix son IPO dans le haut de la fourchette indicative en raison d'une forte demande, et dont l'action a subi un recul de 9% par rapport au prix d'introduction. Certains investisseurs doutent que le constructeur italien, qui produit peu, puisse soutenir les valorisations élevées d'une marque de luxe.

Etsy, la place de marché électronique spécialisée dans les objets d'artisanat, a été valorisée jusqu'à quatre milliards de dollars lors de ses débuts boursiers en avril. Depuis lors, l'action a chuté de 46% par rapport à son prix d'introduction, conséquence de pertes trimestrielles qui s'aggravent et de la nouvelle concurrence d'Amazon.com qui a lancé un site similaire.

TWITTER SUSCITE LE DOUTE

Square a mis à prix mercredi soir son IPO à neuf dollars par action, bien en deçà de sa fourchette indicative de 11 à 13 dollars, elle-même jugée décevante par rapport aux attentes de bon nombre d'investisseurs lorsque l'opération a été annoncée voici deux semaines.

La société a dit qu'elle placerait 27 millions de titres, levant 243 millions de dollars, soit environ 80 millions de moins que prévu. Ce prix d'IPO lui donne une capitalisation de 2,9 milliards de dollars, bien loin des six milliards de valorisation retenus lors d'un tour de table privé l'an dernier.

Mercredi également, Match, propriétaire des marques Match.com, OKCupid et de l'application de rencontres Tinder, a mis à prix sa propre IPO à 12 dollars, dans le bas de la fourchette indicative de 12 à 14 dollars.

L'IPO valorisera Match - qui compte lever 400 millions de dollars - autour de 4,2 milliards de dollars, passif inclus.

Quant au site de microblogging Twitter, il a enfoncé son prix d'IPO en août, au grand dam des actionnaires, car Wall Street s'interroge de plus en plus sur les difficultés qu'il éprouve à élargir sa base d'usagers.

FitBit, qui fabrique des bracelets électroniques de fitness, a vu au contraire son action bondir de 43% sur son prix d'IPO mais, signe peut-être que les investisseurs se lassent, il a réduit le volume d'une nouvelle émission de titres sur le marché la semaine dernière et proposé les actions à une décote de 8,5%.

Il existe des exceptions notables: l'action de la chaîne de restaurants de burgers haut de gamme Shake Shack est en recul de 55% par rapport au pic établi en mai mais son cours représente encore le double du prix de l'IPO de janvier; la société d'hébergement de sites GoDaddy est elle en hausse de 60% sur son prix d'IPO de mars.

Les investisseurs de long terme qui ont procédé à un tri parmi les petites sociétés à forte croissance ne devraient pas trop s'inquiéter a priori de leur performance à venir, estime James Angel.

L'action Facebook a passé plus d'un an à louvoyer sous le prix de l'IPO en 2012. Aujourd'hui, le titre vaut trois fois plus cher qu'à ses débuts.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)

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