Pour rebondir, les «drives» cherchent à séduire les piétons

le
0

VIDÉO - Le rythme d'ouvertures de points de retrait de commandes sur Internet ralentit. Aujourd'hui, le «drive» reste principalement utilisé par les jeunes et les familles qui se déplacent en voiture. Les enseignes ciblent désormais en priorité les zones urbaines.

Les courses au «drive» se feront bientôt à pied. Ce mode de distribution, consistant à venir retirer en voiture des articles commandés sur Internet, est au bord de la saturation. Depuis l'ouverture par Auchan du premier drive en 2004, 3428 sites de ce type ont fleuri sur le territoire français, d'après une étude Nielsen en partenariat avec la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) publiée ce mardi. Aujourd'hui, la course aux ouvertures marque le pas: il s'ouvrait 1,9 point «click & drive» (avec des pistes pour les véhicules et des bornes de retrait) par jour en 2012 et 2013, contre «seulement» 1,2 borne par jour au premier trimestre 2015.

Confrontée aux problèmes de rentabilité de ses drives, la grande distribution repense sa stratégie. L'un des leviers de croissance consiste à séduire un public plus large. «Le drive garde intrinsèquement un potentiel qui n'a pas encore été exploité pleinement… et une marge de progression en termes d'usage chez les consommateurs», souligne Vincent Cornu, directeur Distribution chez Nielsen France, cité dans un communiqué.

Le drive a surtout trouvé sa place chez les familles avec jeunes enfants, qui y réalisent 19% de leurs courses de plein (l'équivalent des gros caddies hebdomadaires), au détriment de l'hypermarché. Praticité, gain de temps sans surcoût, courses sur le trajet travail/domicile, autant de raisons qui expliquent les faveurs du drive. Ce sont aussi et surtout les jeunes qui font leurs courses au drive: 35% des consommateurs qui les utilisent ont entre 18 et 34 ans, 33% entre 35 et 49 ans. Une part de marché qui s'effondre à 4% chez les 50-64 ans et 1% chez les 65 ans et plus.

Des solutions pour les achats à pied

«Nos estimations les plus basses donnent une part de marché en progression régulière jusqu'à 5,5% pour le drive d'ici 2018. Et plus de 7% dans nos hypothèses hautes, si l'élargissement de la clientèle se poursuit», note Vincent Cornu. Imposer le drive dans les moeurs est un enjeu d'autant plus important pour les enseignes que les consommateurs ont tendance à y faire chauffer la carte bleue. Le panier moyen en drive s'élève à 67 euros, contre 40 euros en hypermarché! Mais les ménages ne visitent un drive que 11 fois en moyenne chaque année, contre 43 fois pour un hyper.

«Si les drives les moins rentables vont disparaître, il reste un potentiel d'ouvertures non négligeable pour les drives», affirme Daniel Ducrocq, directeur Sales Force Activation de Nielsen France. «Les supermarchés, notamment, sont encore sous-équipés en drive, comme le sont certaines zones urbaines, Paris notamment.» Les enseignes, après s'être installées tous azimuts dans les campagnes ou périphéries urbaines ces dernières années, visent désormais les centres-villes... et les piétons! «Les casiers, drives piétons et autres solutions sont encore à perfectionner pour optimiser le parcours d'achat des consommateurs», précise Daniel Ducrocq. Monoprix a déjà bien entamé ce tournant citadin, avec son service de livraison en magasin «Click & Go», maintenant disponible dans quelque 100 points de vente.

Croissance à deux chiffres des ventes en ligne au premier trimestre

L'e-commerce a enregistré une nouvelle progression à deux chiffres au premier trimestre 2015, avec des ventes en hausse de 13,7% en valeur, a indiqué ce mardi la Fevad. Sur les trois premiers mois de l'année, leur montant a atteint 15,2 milliards d'euros, soit 2 milliards de plus que l'an dernier à la même époque. Cette croissance est notamment due à la forte augmentation (+18%) du nombre de transactions, avec un total de 193 millions sur la période. Le nombre de sites marchands français a continué de progresser (+14% sur un an). La France compte désormais 164.200 sites marchands actifs contre 14.500 il y a dix ans. Le nombre d'acheteurs en ligne augmente également de 846.000 personnes sur un an, et atteint désormais les 35 millions. Seul point noir: le panier moyen continue de régresser, une tendance désormais installée depuis quatre ans. Sur les trois premiers mois de 2015, le montant moyen de transaction se situe à 79 euros, soit trois euros de moins que lors du premier trimestre 2014.

(Avec AFP)

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant