Pour qui Andersson le glas

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Pour qui Andersson le glas
Pour qui Andersson le glas

À l'Olympique de Marseille, avant Skoblar, avant Papin, il y a eu Andersson. Gunnar Andersson. Un attaquant suédois dont la vie n'a pas besoin d'être romancée tant elle fût riche en rebondissements. Où les histoires d'amateurisme marron, de kidnapping, de désertion et d'alcoolisme ne sont liés que par une seule et même chose : des buts. Beaucoup de buts.

1950. Sur les écrans français sort Orphée, l'adaptation du fameux mythe grec éponyme par Jean Cocteau, dans lequel Jean Marais, François Périer et Maria Casarès se partagent l'affiche. Sur d'autres carrés géants, verts cette fois-ci, une autre troupe fait rêver la France : le Stade de Reims. Vainqueur de son premier championnat de France l'année précédente, les hommes d'Albert Batteux s'apprêtent à dominer de la tête et des épaules la Division 1 des fifties. Voire un peu plus. Mais le vrai mythe d'Orphée se joue un peu plus bas, du côté des Bouches-du-Rhône. Malgré un titre glané en 1948, l'Olympique de Marseille est à l'époque prisonnier des enfers du bas du classement, et le joueur de lyre qui doit l'aider à s'en extirper porte un nom : Gunnar Andersson. Un attaquant suédois débarqué dans l'anonymat le plus complet à l'hiver 1951, très vite adopté par le public du Vélodrome qui lui trouve un surnom : "Monsieur 50%", pour sa faculté à marquer plus de la moitié des buts de l'OM chaque saison. En tout et pour tout, Gunnar Andersson inscrira la bagatelle de 169 buts en 220 matchs avec la liquette Ciel et blanc sur le dos. Comme le symbole de la fuite en avant d'un homme qui n'avait pour seule origine que la peur de tout perdre s'il venait à se retourner.

Désertion de poste et désertion tout court


Gunnar Andersson voit le jour en 1928 du côté de Säffle, petite ville de Suède suspendue au lac de Vänern. Une origine qui lui vaudra un surnom, "Gunnar de Säffle", parce qu'il était trop difficile de différencier tous les Gunnar présents dans sa classe. Dès ses premières années de vie, l'attaquant suédois se distingue déjà des autres tout en restant en quelque sorte dans la masse. Les prémices d'un leitmotiv de vie. Plus tard, Andersson fait le bonheur des équipes de jeunes puis de l'équipe première du IFK Åmål dans lesquelles il enchaîne les pions à un rythme effréné. Au point d'attirer les recruteurs du grand club suédois IFK Götebörg, qui lui offre un contrat à 21 ans dans l'idée de remplacer un autre Gunnar, Gren, parti faire des acronymes du côté du Milan AC. À l'époque, le football suédois n'est pas encore professionnel. Alors, le club lui dégote un poste de plombier à la Compagnie des Chemins de Fer suédois, tout en arrondissant les fins de mois grâce à ses primes de match de 25 couronnes tandis que celles des autres joueurs atteignent les 15 couronnes.

Petit…




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