Pour Pictet WM, les banques européennes sont confrontées à un problème de rentabilité

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(AOF) - Dans une analyste de marché, Pictet Wealth Management fait le point sur un secteur bancaire européen, qui a fait l’objet de fortes ventes ces dernières semaines. Selon Yann Goffinet, analyste financier senior, les établissements européens souffre d’un problème de rentabilité, mais non de liquidité ou de solvabilité.

Il fait tout d'abord remarquer que la sous-performance des banques européennes par rapport au marché actions européen est très comparable à celle des banques américaines vis-à-vis de leur marché boursier, ce qui laisse penser que les problèmes auxquels sont confrontés les établissements européens n'ont rien de particulier.

Yann Goffinet explique que trois nouvelles causes de dégradation des résultats des banques européennes et américaines sont apparues au cours de ces dernières semaines. Il cite les pertes résultant de la faiblesse des prix du pétrole et des matières premières. Pour lui, les marchés craignent un retournement du cycle mondial du crédit aux entreprises, lequel était bien orienté depuis la fin de la crise financière de 2007-2008. L'analyste fait cependant remarquer une différence importante entre cette période et maintenant : l'évaluation à la valeur de marché exigeait alors une prise en compte immédiate des pertes subies par les banques. Or, actuellement les pertes sur prêts seront progressives et s'étaleront sur plusieurs trimestres.

Pictet Wealth Management cite ensuite la baisse des taux d'intérêt et l'adoption de taux négatifs par certaines banques centrales, dont la BCE. Le gestionnaire d'actifs précise qu'une baisse de 20 points de base du taux de dépôt pénalise les bénéfices des banques européennes d'environ 5%.

Yann Goffinet cite enfin la diminution des revenus de négociation en raison de la baisse des marchés du crédit et des actions. Cette dernière est préjudiciable aux banques d'affaires et aux banques internationales des deux côtés de l'Atlantique.

Il souligne ensuite que risques déflationnistes sont particulièrement préoccupants pour les banques, dans la mesure où la valeur réelle d'une dette augmente lorsque l'inflation devient négative.

Il en conclu qu'un rebond significatif des titres bancaires dépendra de la diminution de ces risques, en particulier de ceux liés aux effets déflationnistes mondiaux susceptibles de naître d'une brutale dépréciation du yuan chinois.

" Tant que ces incertitudes subsisteront, le secteur aura du mal à se montrer performant sur la durée ", ajoute Pictet Wealth Management.

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