Pour Noyer, une croissance 2013 de 0,8% en France pas improbable

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NOYER NE JUGE PAS IMPROBABLE UNE CROISSANCE DE 0,8% EN FRANCE EN 2013
NOYER NE JUGE PAS IMPROBABLE UNE CROISSANCE DE 0,8% EN FRANCE EN 2013

PARIS (Reuters) - Le gouverneur de la Banque de France estime qu'il n'est "pas improbable" que la prévision de croissance de 0,8% de l'économie française retenue dans le projet de budget 2013 se concrétise et juge de même "atteignable" l'objectif concomitant de ramener à 3% du PIB les déficits publics l'an prochain.

Dans une interview à paraître mercredi dans le quotidien 20 minutes, Christian Noyer regrette toutefois que le gouvernement n'ait pas prévu plus de baisses de dépenses dans son budget.

Le projet de loi de finances 2013 actuellement examiné par le Parlement repose sur une prévision de croissance de 0,8% que le gouvernement a présentée comme "prudente et volontariste".

Cette prévision se situe sensiblement au-dessus du consensus des économistes - +0,3% dans la dernière enquête Reuters publiée le 11 octobre -, qui tablent dans le même temps sur des déficits publics à 3,5% du PIB.

Pour Christian Noyer, le scénario de croissance du gouvernement "n'est pas improbable et dépendra de la réalisation des réformes en cours et du retour de la confiance en Europe."

"Je crois fondamentalement que les 3% sont un objectif atteignable", ajoute-t-il à propos de l'objectif de baisse des déficits, "le gouvernement a raison de s'y tenir et je n'ai pas de doute sur le fait qu'il mettra tout en ?uvre pour l'atteindre."

Pour le gouverneur de la Banque de France, "cet ajustement conditionne la poursuite de la crédibilité de l'économie française et de la croissance pour les années à venir".

Il dit néanmoins regretter "à titre personnel" que le gouvernement n'ait pas mis plus l'accent sur la réduction des dépenses dans son projet de budget, "car elles sont en général moins pénalisantes pour la croissance que les hausses d'impôts."

"Ceci étant, à très court terme, la voie des impôts est la plus rapide pour réduire efficacement les déficits", poursuit-il avant de souhaiter que, pour la suite, "la poursuite de la réduction des déficits publics repose essentiellement sur la maîtrise des dépenses."

"Il y a des limites à la pression fiscale si l'on ne veut pas décourager la consommation et l'investissement", souligne-t-il.

Christian Noyer juge encore que des décisions doivent être prises, et "le plus tôt sera le mieux", pour améliorer la compétitivité de l'économie française.

S'agissant plus spécifiquement du coût du travail, il prône "un effort significatif pour alléger les charges des entreprises", tout en ajoutant qu'il faudra aussi "bien analyser les effets secondaires du report de charges sur d'autres types d'impôts comme la TVA ou la CSG pour minimiser les effets négatifs sur la demande."

Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet

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