Pour Macron, Juppé et Fillon incarnent "le retour en arrière"

le , mis à jour à 19:37
20
Emmanuel Macron, le 12 mars 2015, à Paris ( AFP/Archives / Thomas SAMSON )
Emmanuel Macron, le 12 mars 2015, à Paris ( AFP/Archives / Thomas SAMSON )

Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle, a estimé lundi qu'avec Alain Juppé et François Fillon, les électeurs avaient "le choix entre deux types de droite: le statu quo ou le retour en arrière".

"C'est cela le choix du XXIe siècle pour la droite", a déclaré M. Macron, interrogé par Le Monde.

Le programme de François Fillon est "caractérisé par ce qu'on appellerait un véritable conservatisme économique et social", a-t-il dit peu après lors d'un déplacement à Metz (Moselle). "Margaret Thatcher, c'était la politique des années 80 au Royaume-Uni. Je pense que la France mérite mieux que cela. Et je pense que la France ne rentrera pas au XXIe siècle en faisant ce que la Grande-Bretagne a fait il y a 35 ans".

Cependant, la percée de M. Fillon n'est pas totalement une surprise. "Il y avait une vraie dynamique en sa faveur. La +Manif pour tous+ a clairement joué un rôle, cela va être intéressant. Cela montre aussi la grande volatilité de l'électorat et la crise du leadership chez Les Républicains, mais aussi chez les autres", a-t-il observé.

L'ex-ministre a par ailleurs récusé l'idée selon laquelle la gauche aurait perdu avec Nicolas Sarkozy son meilleur adversaire. Selon lui, l'ex-président aurait, au contraire, été "le pire candidat, à la fois parce qu'il incarnait un retour à 2012, et parce que c'est le meilleur en campagne".

M. Macron ne craint-il pas de subir la même déconvenue que Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire, qui misaient sur le renouveau? "Leurs équipes, leurs programmes étaient anciens. Et je n'ai jamais fait du renouveau un emblème. Je revendique un discours de fond et une volonté de rassemblement", a-t-il répondu.

M. Macron a redit sa détermination à "creuser (son) sillon" et son refus de passer par la primaire de la gauche, malgré un appel en ce sens lancé par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis.

Quant aux récentes déclarations de Najat Vallaud-Belkacem sur sa candidature qui pourrait, selon elle, empêcher la gauche d'être au second tour, il les a balayées, estimant que "la gauche n'a pas besoin de moi pour perdre".

"Depuis 6 mois tous les sondages montrent que la gauche n'existe pas au second tour", a-t-il ajouté lors d'un point presse à Metz, où il tiendra une réunion publique en début de soirée.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • 445566ZM il y a 2 semaines

    Ce jeune homme est malin. Il s'est (auto)qualifié à l'élection présidentielle (premier division), en laissant papi François H. se bagarrer avec les socialistes dans la primaire (deuxième division). Attendons le prochain coup de théâtre.

  • M7097610 il y a 2 semaines

    faute d'appréciation. Les partis n'ont jamais été aussi puissants qu'aujourd'hui. Ils organisent même des élections ouvertes.

  • M8252219 il y a 3 semaines

    Le retour c'est toujours en arrière" Les français sont égaux , Il n'y a pas deux type de citoyens , ceux qui bossent dans le privé dans le vent de la mondialisation et les autres planqués sous le parapluie de la fonction publique et des statuts spéciaux .

  • M8252219 il y a 3 semaines

    Il ne peut pas y avoir d'avancée sociale sans production de richesses , Il n'y a pas d'égalité sociale quand plus de 5 millions de personnes , statuts spéciaux , fonctionnaires et assimilés ponctionnent cette richesse et vivent sur le dos des salariés et des entreprises. Départ en retraite plus tôt , Meilleurs calcul de la retraite , absence au travail double du privé , temps de travail inférieur au privé . Pas de délais de carence.

  • 2010jpge il y a 3 semaines

    qu'est ce que l'on veut ? des dirigeants de décennies en arrière ou des jeunes pleins de talents qui correspondent à notre attente !!!

  • M7166371 il y a 3 semaines

    oui odnaz je pense que ce serait la continuité dans une forme d'enlisement , je ne sens pas chez juppé l'énergie nécessaire pour sortir la France de cette léthargie économique et sociale, il cherchera toujours par tempérament le consensus contre-productif comme FH.

  • bernm il y a 3 semaines

    Juppe c'est le nouveau Balladur. celui qui s'y croyait deja tellement qu'il suffisait d'attendre.

  • M7097610 il y a 3 semaines

    qu'il retourne conseiller Hollande...il est tellement efficace MDR

  • odnaz il y a 3 semaines

    Un retour de 5 ans pour l'un, boh ... effectivement de plus de 20 ans pour l'autre. Et on a vu ce qu'il valait en 1995 ...!

  • M7166371 il y a 3 semaines

    totalement à côté de la plaque , juppé c'est en gros la continuité de ce qui se fait depuis 40 ans et fillon ce n'est pas un "retour" puisque ce serait faire une politique de droite , ce qui n'a jamais été fait en France depuis Pompidou ou alors c'est un retour aux 30 glorieuses , ok pour moi