Pour lutter contre la fraude, des banques proposent le blocage du paiement en ligne

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De nouveaux outils sont mis à disposition des clients des banques pour mieux sécuriser leurs paiements en ligne. Un dispositif utile mais qui sera loin d'éradiquer la fraude.

Les établissements bancaires poursuivent leur lutte contre le piratage des données et les transactions non sécurisées. Nouvelle innovation en date, le Crédit Mutuel a décidé de mettre en place un contrôle de la fonction de paiement en vente à distances des cartes bancaires. Le principe est simple: en utilisant soit son espace personnel sur le site de la banque, ou soit l'application mobile, le titulaire du compte peut bloquer l'intégralité des paiements par carte bancaire. S'il décide lui-même de réaliser un paiement par carte, il peut réactiver ce type de transaction juste avant sa propre utilisation, et la désactiver de nouveau juste après. Une procédure de sécurisation qui avait déjà été initiée par la banque en ligne Fortuneo qui propose un outil similaire. Selon les données de l'Observatoire de la sécurité des cartes de paiement, la fraude sur Internet avait atteint, en 2014, pas moins de 153 millions d'euros. Elles représentent 66,5% du montant total des fraudes aux cartes bancaires, alors que les paiements en ligne ne réprésentent que 11,6% de la valeur des transactions par ce mode de paiement. Autrement dit, le web reste le talon d'Achille de la sécurité des données bancaires.

Les fraudeurs ont «toujours un coup d'avance»

L'initiative du Crédit Mutuel sera sans doute efficace et mettra un peu plus les bâtons dans les roues des fraudeurs cherchant à pirater des cartes bancaires. Mais il n'y a pas de recettes miracles: la désactivation ne sera qu'un outil de plus qui ne permettra pas de fare baisser drastiquement le niveau des fraudes. «En matière de sécurité bancaire face à la fraude, on ne fait que jouer aux gendarmes et aux voleurs» explique Michel Ruimy, économiste et enseignant à l'ESCP. «Les nouvelles règlementations dans le domaine n'arrivent toujours qu'en réponse à des pratiques illégales constatées. Autrement dit, il y a toujours un coup d'avance de la part des fraudeurs».

Et la tendance des outils utilisés par les banques à l'avenir pourrait de moins en moins reposer sur la technique. Pour Michel Ruimy, «les banques vont surtout renforcer la prévention. Comme on ne peut jamais avoir un système de sécurité des transactions qui répond à tous les risques, on peut s'attendre à ce que les banques cherchent plutôt à sensibiliser leurs détenteurs de cartes, et développer des réflexes de sécurité, plutôt que de proposer toujours plus de nouveaux outils». Prévenir plutôt que guérir... puisqu‘il est impossible de guérir à 100%.

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