Pour les orateurs de la Nuit debout, l'occasion de s'exprimer

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Place de la République, le 9 avril 2016.
Place de la République, le 9 avril 2016.

L’AG de ce mouvement d’occupation de la place de la République, s’est tenue comme tous les soirs, le 9 avril, jusqu’à tard dans la nuit.

À l’assemblée générale de la Nuit debout, n’importe qui peut parler. Mais selon des règles strictes : la modératrice de la soirée contrôle les « temps de parole », pas plus de trois minutes chacun. Les intervenants sont inscrits sur une liste et doivent attendre leur tour. Au micro défile ce « peuple de gauche » qui n’en finit plus de dire son sentiment de trahison : des profs, des étudiants, des grand-mères soixante-huitardes, des poètes et des anarchistes. Un flot continu, pendant plus de cinq heures, vient se déverser tous les soirs place de la République à Paris. Pour quoi faire ? Pour dire quoi ?

Libération de la parole Car ce que l’on dit, on le redit beaucoup : que la France va mal, que l’injustice sociale ne cesse de grandir, que la classe politique est déconnectée du peuple. Et pourtant, chaque intervention déclenche des vivats et des forêts de mains qui s’agitent en l’air (le signe pour « je suis d’accord »). Ce qui se joue, c’est moins la construction d’un débat que la libération de la parole, l’excitation de la tribune, l’opportunité de pouvoir enfin crier ce que l’on pensait tout bas.

Guillaume, un étudiant de 21 ans, a lu un texte de son cru, chapeau sur la tête et petit papier plié en six dans les mains. Encore tremblant d’avoir parlé devant tant de monde, il explique avoir écrit ce poème l’année dernière : « A l’époque, je pensais que les gens ne voulaient plus se mobiliser. » Un texte qui parle de lassitude, d’abstention et de nostalgie des luttes. « ...

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