Pour les gérants, la Fed ne fait rien pour calmer les marchés

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LA FED NE FAIT RIEN POUR CALMER LES MARCHÉS, ESTIMENT DES GÉRANTS
LA FED NE FAIT RIEN POUR CALMER LES MARCHÉS, ESTIMENT DES GÉRANTS

par David Randall et Saqib Iqbal Ahmed

NEW YORK (Reuters) - L'accès de volatilité observé depuis six semaines sur les marchés financiers mondiaux pourrait se prolonger pendant une bonne partie de l'automne après la décision de la Réserve fédérale de ne pas modifier sa politique monétaire, estiment plusieurs gérants de portefeuilles.

La Fed n'a pas relevé ses taux depuis 2006 et les investisseurs craignent qu'une prolongation du statu quo ne maintienne les marchés dans l'incertitude alors que les investisseurs cherchent à décrypter l'influence de multiples facteurs, des indicateurs économiques chinois aux cours des matières premières, sur les prochaines décisions de l'institution.

"En réalité, elle n'a fait qu'accroître un peu plus l'incertitude sur ce qu'elle pense", estime Ian Winer, responsable du trading actions de Wedbush Securities. "Pour moi, cela revient à faire ressurgir le spectre de tout ce que l'on a observé il y a quelques semaines avec les marchés émergents et les matières premières."

L'indice de volatilité du CBOE, principale baromètre de l'incertitude des marchés, qui s'était orienté à la baisse après un pic fin août, a reculé jeudi soir après les annonces de la Fed, une réaction logique après un tel événement. Mais les investisseurs sont loin d'être apaisés.

"Je pense qu'on pourrait en voir certains opter pour des protections supplémentaires, ce qui devrait doper un peu le VIX", explique Ian Winer.

La chute des marchés boursiers chinois et l'incertitude sur le calendrier et l'impact d'une hausse des taux américains ont eu pour effet fin août un repli de 10% de l'indice Standard & Poor's-500, sa première correction en quatre ans.

"L'ATTENTISME VA DEVENIR LA NOUVELLE NORME"

L'indice de référence américain reste 6,6% en dessous de son record historique de mai et accuse un repli de 3,3% depuis le 1er janvier.

La décision de la Fed n'est pas le seul facteur susceptible d'entretenir la volatilité pendant l'automne, estime des gérants, en citant le risque d'un blocage au Congrès sur le budget qui pourrait aboutir à la fermeture des administrations fédérales, celui d'une baisse continue des marchés chinois ou encore les prochains résultats trimestriels des sociétés cotées, qui incluront leurs prévisions pour 2016.

Pour Gary Cloud, gérant obligataire du Hennessey Equity and Income Fund, "l'attentisme va devenir la nouvelle norme à court terme", jusqu'à ce que la Fed annonce une hausse des taux.

Le marché des Treasuries devrait évoluer dans une fourchette étroite jusqu'à la fin de l'année, même si la volatilité reste élevée, précise-t-il.

Certains gérants ont toutefois accueilli favorablement la décision de la Fed.

"Il y a quelques semaines, le marché s'y était préparé, puis la volatilité chinoise lui a mis des bâtons dans les roues. (La Fed) essaie d'inciter de nouveau le marché à intégrer une hausse de taux, donc ce n'est pas un mauvais coup qu'elle lui porte", dit Steve Chiavarone, co-gérant du fonds Federated Global Allocation.

Par ailleurs, la nouvelle projection à long terme de la Fed, qui préfigure un taux des "fed funds" à 3,75% contre 3,5% auparavant, pourrait profiter aux valeurs de rendement, explique-t-il, ajoutant tabler sur un S&P-500 à 2.200 points en fin d'année, soit un peu plus de 10% au-dessus de son niveau de jeudi soir.

Lon Erickson, co-gérant de plusieurs fonds obligataires de Thornburg, juge quant à lui préoccupante la perspective d'une remontée de l'inflation plus rapide qu'anticipé pour l'instant, ce qui pourrait nuire aux obligations du Trésor. Un risque dont il entend se prémunir en misant sur les obligations indexées (TIPS).

(Marc Angrand pour le service français)

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