Pour le directeur de l'OMC, une reprise robuste de la croissance ne se voit « nulle part »

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Roberto Azevêdo n'est pas convaincu d'une véritable reprise de la croissance mondiale.
Roberto Azevêdo n'est pas convaincu d'une véritable reprise de la croissance mondiale.

Interviewé par nos confrères des Echos, Roberto Azevêdo, directeur général de l’OMC, se montre particulièrement prudent sur la reprise de la croissance mondiale. Quant au commerce mondial, celui-ci pourrait bénéficier d’un accord sur l’abaissement des tarifs douaniers des pays en développement.

Le constat est sans appel pour le directeur général de l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce. « On ne voit nulle part une reprise robuste de la croissance, que ce soit en Europe, aux Etats-Unis ou en Chine.  Il y a bien quelques pays dynamiques comme l’Inde, mais pas de quoi tirer l’activité mondiale. On ne peut donc pas s’attendre à un rebond de la croissance à moyen terme », affirmait-il dans les colonnes des Echos lundi 8 juin.

Ce discours vient rompre avec le discours généralement optimiste autour de la reprise de l’activité qui semble se dessiner en Europe depuis le début de l’année.

Commerce mondial : une progression qui se tasse

« Par le passé, le commerce mondial progressait deux fois plus vite que la croissance. Mais, depuis plusieurs années, leur évolution est désormais similaire », poursuit Roberto Azevêdo. « Le ralentissement du commerce par rapport à la croissance est lié à des pays comme la Chine, dont la croissance est davantage tirée par la consommation et moins par les exportations ».

Néanmoins, pour le directeur général de l’OMC, la croissance du commerce international pourrait redémarrer grâce à la baisse des droits de douanes dans les pays en développement. Tel est l’objectif de l’« accord sur la facilitation des échanges » mis au point l’an dernier et qui doit être ratifié par deux tiers des membres de l’OMC pour être appliqué.

Roberto Azevêdo résume les intérêts de cet accord : « dans les pays en développement, le coût de passage à la frontière des biens et services s’élève parfois à 15%, voire plus. Une baisse ne pourra que bénéficier au commerce mondial. Cet accord pourrait injecter 1000 milliards de dollars par an dans l’économie mondiale et créer 21 millions d’emplois, dont 18 millions dans les pays en développement ».

Même sans l’application immédiate de cet accord, le directeur général de l’OMC estime déjà que la progression du commerce mondial sera un peu meilleure cette année qu’en 2014, avec une augmentation de 3,3% attendue en 2015 contre 2,8% constatés en 2014.

X. B.

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  • bourrmax le mardi 9 juin 2015 à 15:21

    tiens donc !