Pour la première fois, Dallas se souvient de JFK, 50 ans après

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CINQUANTE ANS APRÈS, DALLAS COMMÉMORE OFFICIELLEMENT L?ASSASSINAT DE JFK POUR LA PREMIÈRE FOIS
CINQUANTE ANS APRÈS, DALLAS COMMÉMORE OFFICIELLEMENT L?ASSASSINAT DE JFK POUR LA PREMIÈRE FOIS

par Jon Herskovitz et Marice Richter

DALLAS (Reuters) - Dallas célèbre ce vendredi le 50e anniversaire de l'assassinat de John F. Kennedy en organisant pour la première fois des cérémonies officielles en souvenir d'un traumatisme qui a durablement terni l'image de la ville dans l'esprit des Américains.

La mémoire de l'ancien président des Etats-Unis sera honorée par des prières, un discours du maire, Mike Rawlings, et un survol par des avions de chasse de Dealey Plaza, où JFK a été touché par des tirs qui lui seront fatals.

Les cérémonies débuteront à 11h30 (17h30 GMT), l'heure à laquelle le 22 novembre 1963 le convoi présidentiel se faisait acclamer par la foule en circulant dans le centre de Dallas. Seules 5.000 personnes pourront se rendre sur Dealey Plaza mais des écrans seront installés à travers la ville.

Les années précédentes, Dealey Plaza a surtout été le lieu de rassemblement des adeptes de la théorie du complot contestant la version officielle selon laquelle un homme seul, Lee Harvey Oswald, a tiré les trois coups de feu depuis le sixième étage du dépôt de manuels scolaires de l'Etat du Texas, un bâtiment donnant sur la place.

Ces sceptiques sont encore venus en nombre ce vendredi à Dallas mais ils ne participeront pas aux cérémonies officielles.

"Sa mort a changé notre ville à jamais, ainsi que le monde", a déclaré le maire dans un communiqué. "Nous voulons commémorer cette journée tragique en nous souvenant d'un grand président avec la dignité et le sens de l'Histoire qu'il mérite."

LA CROIX EFFACÉE

Marqués par l'événement, les habitants de Dallas ont longtemps vécu avec un sentiment de culpabilité et soigneusement évité d'organiser toute cérémonie officielle. Le stigmate s'est progressivement effacé et le Musée du Sixième Etage dans l'ancien dépôt de manuels scolaires est désormais l'une des principales attractions touristiques de la ville.

"Un flot de critiques internationales s'est déversé sur Dallas après l'assassinat. Elle était appelée 'la cité de la haine'", rappelle Stephen Fagin, conservateur du musée.

En pleine Guerre froide et dans un climat de fortes tensions raciales à l'intérieur même des Etats-Unis, un petit groupe influent d'ultraconservateurs du Texas avait protesté contre la venue de John F. Kennedy, jugé trop mou face au communisme.

Récemment, la ville a effacé la grande croix peinte par des inconnus sur la chaussée d'Elm Street pour marquer l'endroit présumé où JFK a été touché à la tête.

Pour beaucoup d'habitants, cette marque était incongrue tandis que la petite plaque commémorative officielle était jugée bien trop insignifiante.

Des milliers d'ouvrages, d'articles, de documentaires télévisés et de films ont été consacrés à cette journée particulière à Dallas et les sondages montrent qu'une majorité d'Américains continue de penser que JFK a été victime d'un complot et ne croit guère à la thèse officielle du tireur isolé.

Le journaliste Hugh Ayensworth se trouvait sur Dealey Plaza il y a 50 ans. Il a été le témoin de l'assassinat de John F. Kennedy mais aussi, quelques jours plus tard, de la mort de Lee Harvey Oswald, abattu par un propriétaire de bar, Jack Ruby. Il a consacré le reste de sa vie à enquêter sur cette affaire et à discréditer les théories du complot.

"Il est très difficile d'accepter que deux êtres insignifiants -Lee Harvey Oswald et Jack Ruby- ont pu changer le cours de l'histoire du monde", a-t-il dit à Reuters.

Avec Jana Pruet et Pavithra Sarah George; Bertrand Boucey pour le service français

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