Pour la BoJ, le Japon peut encaisser le ralentissement chinois

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* La BoJ maintient son programme d'assouplissement quantitatif * Evaluation en baisse des exportations et de la production * Elle se dit confiante malgré le ralentissement des émergents * Certains observateurs attendent de nouvelles mesures de soutien dès octobre (Actualisé avec conférence de presse de Kuroda) par Leika Kihara TOKYO, 15 septembre (Reuters) - Le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a affiché mardi sa confiance dans la capacité de l'économie nippone à résister au ralentissement en cours en Chine et à la faiblesse de la demande dans le reste de l'Asie, laissant ainsi entendre qu'il n'avait pas l'intention d'augmenter prochainement le soutien de la banque centrale à l'activité. Il a toutefois répété que la BoJ "n'hésiterait pas" à prendre de nouvelles mesures si la reprise économique et l'objectif d'une remontée de l'inflation vers 2% se trouvaient compromis. "Il est vrai que les exportations et la production sont affectées par le ralentissement de certaines économies émergentes. Mais cela ne remet pas en cause notre jugement sur le fait que l'économie japonaise poursuit une reprise modérée", a dit Kuroda lors d'une conférence de presse après une réunion de politique monétaire. "Il n'y a absolument rien de changé au fait que nous n'hésiterons pas à ajuster la politique monétaire en cas de modification de la tendance d'évolution des prix et si nous jugeons nécessaire (de nouvelles mesures) pour atteindre rapidement notre objectif de prix." A propos de la Chine, le gouverneur de la BoJ a déclaré que Pékin disposait des marges de manoeuvre et de la détermination nécessaires pour stabiliser l'économie en prenant des mesures monétaires et budgétaires. Comme attendu, la Banque du Japon s'est abstenue mardi d'augmenter son programme de relance monétaire, préservant ainsi ses munitions dans l'éventualité où la hausse des taux attendue aux Etats-Unis viendrait accroître la volatilité sur les marchés mondiaux. Une série d'indicateurs médiocres, portant notamment sur les exportations, l'évolution des salaires et les dépenses des ménages, a accru la pression sur la banque centrale pour qu'elle augmente ses rachats d'actifs, déjà importants, et dope ainsi l'économie, qui s'est contractée au deuxième trimestre. UN NOUVEL ASSOUPLISSEMENT DÈS OCTOBRE ? Mais elle a simplement maintenu son programme d'assouplissement quantitatif (QE) en réitérant son engagement d'augmenter la masse monétaire au rythme annuel de 80.000 milliards de yens (589 millions d'euros) par le biais du rachat d'emprunts d'Etat et d'actifs plus risqués comme des fonds indiciels (ETF). La décision a été votée par huit voix contre une au comité de politique monétaire. La BoJ a revu à la baisse son évaluation des exportations et de la production, désormais "plus ou moins stables", et a pris note du ralentissement des pays émergents. Haruhiko Kuroda a dit prévoir un rebond de la croissance sur juillet-septembre alors que certains économistes n'excluent pas une nouvelle contraction du produit intérieur brut (PIB), qui ferait basculer l'archipel dans sa deuxième récession en deux ans. La plupart des observateurs s'attendent à ce que la BoJ finisse par assouplir de nouveau sa politique, mais ils sont divisés sur le calendrier: certains la voient rester l'arme au pied jusqu'à l'an prochain alors que d'autres tablent sur une initiative dès la réunion du 30 octobre, lors de laquelle seront examinées les prévisions de croissance et d'inflation à long terme. Certains prédisent même que la banque centrale tentera de prendre les marchés par surprise en passant à l'action dès la prochaine réunion des 6-7 octobre. "On n'est pas en récession mais l'économie manque clairement de vigueur et les prix sont bien en-deçà de l'objectif de la BoJ", commente Hiroshi Miyazaki, économiste senior chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities. "La BoJ pourrait assouplir encore (sa politique) au début octobre pour éviter d'être en retard sur la courbe", ajoute-t-il. Une enquête Reuters publiée mardi montre que le moral des industriels japonais a enregistré en septembre sa plus forte baisse depuis un an. L'indice Reuters Tankan, qui mesure le sentiment du secteur manufacturier et donne un avant-goût du Tankan de la BoJ qui sera publié le 1er octobre, a chuté à 9 contre 17 en août, revenant à son plus bas niveau depuis huit mois. (avec la contribution de Stanley White, Tetsushi Kajimoto et Kaori Kaneko; Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français)

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