Pour l'opposition, Hollande rate une opportunité sur la Syrie

le , mis à jour à 16:25
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HOLLANDE RATE UNE OPPORTUNITÉ SUR LA SYRIE, ESTIME L'OPPOSITION
HOLLANDE RATE UNE OPPORTUNITÉ SUR LA SYRIE, ESTIME L'OPPOSITION

PARIS (Reuters) - L'opposition a jugé mardi "inaudible" la position sur la Syrie de François Hollande, qui a réaffirmé lundi à l'Onu son exigence du départ de Bachar al Assad, opposant une fin de non-recevoir à la nouvelle stratégie proposée par Vladimir Poutine.

Le président russe a estimé qu'il fallait bâtir une coalition internationale pour éradiquer l'Etat islamique en coopérant avec le régime de Damas.

La transition en Syrie "passe nécessairement par le départ de Bachar al Assad, rien n'a changé", a répondu François Hollande en demandant aux Russes d'en tenir compte.

"L'attitude du président de la République est inaudible", a déclaré Christian Jacob, président du groupe Les Républicains de l'Assemblée, lors de son point de presse hebdomadaire.

"Il est isolé. Il s'entête alors qu'il faut mettre en place une coalition internationale et mobiliser les Etats régionaux contre Daech", a-t-il ajouté. "La position de François Hollande paraît de plus en plus incompréhensible."

L'ancien Premier ministre François Fillon (LR) a estimé dans un communiqué que le plan de Vladimir Poutine était "une opportunité pour bâtir une vraie coalition internationale pour démanteler l’Etat islamique".

"Au lieu de saisir cette opportunité, au lieu d’utiliser intelligemment l’initiative des autorités russes pour débloquer la situation sur le terrain, François Hollande a cru habile de jouer les matamores", a-t-il poursuivi. "A force de faire du sort de Bachar al Assad le noeud d’une stratégie collective pour abattre l’Etat islamique, on reste au point mort et pendant ce temps-là les fanatiques avancent."

La position française est aussi critiquée à gauche.

Le communiste André Chassaigne, président du groupe Front de gauche de l'Assemblée, a demandé à la France de "s'élever".

"C'est une politique inconséquente, ce n'est pas au niveau. L'urgence c'est de mettre fin à Daech et de mettre en place une coalition internationale. Il faut que la France s'élève", a-t-il déclaré lors d'un point de presse.

Le Premier ministre, Manuel Valls, a défendu la position de Paris lors d'une conférence de presse avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

"Comment peut-on dire un seul instant que la France pourrait être isolée sur ce dossier ?", s'est-il interrogé, rappelant l'action militaire menée par l'armée tricolore sur le terrain.

"Nous prônons bien sûr une solution politique et diplomatique qui permettre à l'opposition modérée et à des éléments du régime de favoriser une transition pour la Syrie", a-t-il ajouté.

"La France parle à tout le monde", a-t-il ajouté, rappelant que le président iranien Hassan Rohani était attendu en novembre à Paris.

Le président français et son homologue russe devraient s'entretenir en particulier vendredi à Paris, en marge d'un sommet sur l'Ukraine, en présence de la chancelière allemande Angela Merkel et du président ukrainien Petro Porochenko.

(Emile Picy, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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  • mipolod le mardi 29 sept 2015 à 17:27

    Le verbe rater est conjugué à toutes les sauces avec notre président normal

  • kurki le mardi 29 sept 2015 à 17:04

    Il s'enferme dans sa paranoïa !

  • M415325 le mardi 29 sept 2015 à 16:56

    L'opposition utiliser le mot " Rate" avec Hollande est un pléonasme