Pour l'Autriche, l'aide de la BCE doit être soumise à conditions

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L'AIDE DE LA BCE DOIT ÊTRE SOUMISE À CONDITIONS, ESTIME LA MINISTRE DES FINANCES AUTRICHIENNES
L'AIDE DE LA BCE DOIT ÊTRE SOUMISE À CONDITIONS, ESTIME LA MINISTRE DES FINANCES AUTRICHIENNES

par Michael Shields

ALPBACH, Autriche (Reuters) - Tout soutien qu'apporterait la Banque centrale européenne (BCE) aux pays membres de la zone euro en difficulté ne devrait pas avoir pour effet de desserrer la bride alors que ces pays doivent redresser leurs économies, a déclaré jeudi la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter.

"Nous devons voir ce que peut faire la BCE dans le respect de ses statuts mais nous devons également resserrer les contrôles car (l'intervention de la BCE) ne doit pas mener à un aléa moral", a-t-elle déclaré dans un entretien accordé à Reuters.

"Nous devons nous assurer que ces pays font leur travail et sur la base de ces mécanismes de contrôle, nous pouvons les aider", a-t-elle ajouté.

Maria Fekter, partisane de l'orthodoxie budgétaire, a rappelé qu'aucune aide financière aux pays de la zone euro n'avait été accordée sans condition et que cela s'appliquait également à la banque centrale. "Une aide de la BCE ne peut être que soumise à conditions", a-t-elle déclaré.

Elle a refusé d'évoquer la situation de la Grèce avant le rapport de la "troïka", mission composée d'experts représentant la BCE, l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI), sur l'avancement des réformes mises en place par le gouvernement hellénique.

Interrogée sur la possibilité de revoir à la baisse le taux des prêts bilatéraux avec Athènes, elle a cependant déclaré ne penser "absolument rien" de l'idée que "les contribuables autrichiens aient à payer, si la Grèce ne remplissait pas les conditions" fixées par les bailleurs.

CONSERVER LA ZONE EURO

La ministre autrichienne s'est en revanche montrée plus ouverte à des aides aux gouvernements italien et espagnol.

"L'Italie a fait des progrès dans ses efforts de réformes", a-t-elle déclaré, alors que Madrid a annoncé un programme censée lui permettre de s'attaquer aux crises de son secteur bancaire et de ses régions.

"La situation espagnole indique pour le moment que le gouvernement n'a besoin d'aide que pour son secteur bancaire."

Elle a noté que les marchés financiers absorberaient la demande de refinancement des deux pays sur le reste de l'année et sur 2013.

De son côté, le président de la BCE, Mario Draghi, a promis de faire ce qu'il faudrait pour protéger la zone euro, y compris racheter de la dette italienne et espagnole.

Maria Fekter s'est déclarée confiante quant au fait que la zone euro s'en sorte indemne.

"Je me bats pour ça. La volonté des ministres (des Finances) est très clairement de conserver la zone euro. C'est probablement l'élément le plus certain des discussions actuelles", a-t-elle dit.

Agathe Machecourt pour le service français, édité par Nicolas Delame

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