Pour l'AIE, l'engorgement du marché pétrolier va s'accentuer

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    par Dmitry Zhdannikov 
    LONDRES, 9 février (Reuters) - Les excédents de pétrole vont 
continuer de s'accumuler pendant la majeure partie de cette 
année car la baisse de la production américaine va prendre du 
temps et l'Opep est loin d'un accord avec les autres grands 
producteurs pour réduire les pompages, a estimé mardi l'Agence 
internationale de l'énergie (AIE).  
    Cette organisation qui conseille les grands pays 
industrialisés en matière de politique énergétique ne s'attend 
pas à voir le prix du baril tomber à 10 dollars le baril comme 
le prédisent certaines des estimations les plus alarmistes, mais 
elle reconnaît ne voir aucune raison susceptible de provoquer un 
rebond marqué par rapport aux cours actuels. 
    L'AIE a revu en baisse sa prévision de croissance de la 
demande pétrolière mondiale pour 2016, à 1,17 million de barils 
par jour (bpj), après celle de 1,6 million enregistrée en 2015, 
la plus forte en cinq ans.  
    Elle a également réduit sa prévision de demande pour le 
pétrole de l'Opep, de 100.000 bpj à 31,7 millions, un chiffre 
nettement inférieur à la production du cartel en janvier (32,63 
millions de bpj).  
    "Les spéculations persistantes sur un accord entre l'Opep et 
les grands producteurs non-Opep pour réduire la production 
semblent n'être que cela: de la spéculation. Il appartient à 
l'Opep de décider si, oui ou non, elle réduit la production, 
seule ou de concert avec d'autres producteurs, mais la 
probabilité d'une réduction coordonnée est très faible", estime 
l'AIE.  
    Le baril de pétrole brut s'échange actuellement à un peu 
plus de 30 dollars le baril  CLc1  LCOc1 , contre 115 dollars 
mi-2014, avant que l'Opep ne s'engage dans une stratégie de 
hausse de sa production pour préserver ses parts de marché et 
tenter de faire plier les producteurs de pétrole de schiste 
nord-américains, dont les coûts de production sont supérieurs 
aux siens.  
     
    UN RÉÉQUILIBRAGE TRÈS LENT ENTRE OFFRE ET DEMANDE 
    La chute des cours a certes soutenu la demande, mais pas 
suffisamment pour absorber la totalité de la production. Les 
stocks se sont donc accumulés et dépassent désormais les trois 
milliards de barils, un niveau sans précédent. 
    La production de pétrole de schiste aux Etats-Unis a 
commencé à baisser mais l'Opep estime que le rééquilibrage du 
marché ne s'opérera qu'en fin d'année.  
    Et pour l'AIE, ce rééquilibrage pourrait être plus lent 
encore: elle prévoit que l'offre excédera la demande jusqu'à la 
fin de l'année et que la production non-Opep ne diminuera que de 
0,6 million de bpj sur l'année.  
    Le rapport ajoute que le dollar devrait rester fort en 
bénéficiant de son statut de valeur refuge, une vigueur qui 
constitue un facteur baissier supplémentaire pour le marché 
pétrolier.  
    Au final, la faiblesse de la demande, la probabilité très 
basse d'un accord impliquant l'Opep, la résistance de la 
production américaine, la vigueur du dollar et l'augmentation de 
la production de l'Irak, de l'Iran et de l'Arabie saoudite ne 
devraient donc qu'accentuer le déséquilibre du marché.  
    Même si la production de l'Opep reste stable, ajoute l'AIE, 
les stocks mondiaux augmenteront de deux millions de bpj au 
premier trimestre, puis de 1,5 million de bpj au deuxième.  
    "Les données disponibles sur l'offre et la demande au second 
semestre de l'année vont dans le sens d'une accumulation 
supplémentaire des stocks, de 0,3 million de bpj. Si ces 
chiffres sont avérés alors que le marché est déjà saturé de 
pétrole, il est très difficile d'imaginer comment les prix 
pétroliers pourront augmenter de manière significative à court 
terme. Dans ces conditions, le risque baissier à court terme est 
en hausse", conclut le rapport.  
         
 
 (Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 

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