Pour Hollande, le terrorisme n'a pas encore été vaincu au Mali

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FRANÇOIS HOLLANDE À BAMAKO
FRANÇOIS HOLLANDE À BAMAKO

BAMAKO (Reuters) - Le terrorisme a été chassé par l'intervention des forces maliennes et françaises mais il n'a pas encore été vaincu, a déclaré samedi François Hollande à l'issue d'une visite éclair au Mali trois semaines après le début de l'opération Serval.

Le chef de l'Etat français s'exprimait sur la place de l'Indépendance à Bamako, la capitale malienne, aux côtés du président malien par intérim Dioncounda Traoré qui avait demandé l'aide de Paris en janvier face à la progression des groupes islamistes armés dans le nord du pays.

"J'ai pris une décision grave d'engager les soldats français avec les soldats maliens, c'était l'appel que m'avait lancé le président Traoré, c'était le devoir de la France", a déclaré François Hollande à une foule brandissant des drapeaux français et maliens.

"Depuis cette date du 11 janvier, ville après ville, village après village, les armées du Mali et de la France appuyées par les pays de l'Afrique de l'Ouest, rendent enfin au Mali son unité, son intégrité et sa force."

"Le terrorisme a été repoussé, il a été chassé mais il n'a pas encore été vaincu", a-t-il ajouté avant de saluer le sacrifice des soldats maliens et la mort du commandant français Damien Boiteux.

Le chef de l'Etat, qui s'était rendu un peu plus tôt dans la journée dans la ville de Tombouctou récemment reprise aux rebelles, a estimé que l'intervention française avait permis à la France de payer sa dette à l'égard du Mali et de l'Afrique qui ont combattu à ses côtés lors de la Seconde Guerre mondiale.

"Parce que moi je n'oublie pas que lorsque la France a été elle même attaquée, lorsqu'elle cherchait des soutiens des alliés, lorsque elle était menacée pour son unité territoriale, qui est venu alors? C'est l'Afrique, c'est le Mali, merci au Mali", a-t-il lancé la foule. "Notre pays a aujourd'hui effacé sa dette à votre égard."

Tout en réaffirmant que la France n'avait pas vocation à rester au Mali, François Hollande a assuré qu'elle resterait "le temps qu'il faudra, c'est-à-dire le temps que les Africains eux mêmes prendront à travers la Misma pour nous suppléer, pour nous remplacer."

Cinquante trois ans après l'indépendance du Mali, le chef de l'Etat a estimé que la lutte contre les groupes islamistes armés constituait une nouvelle guerre d'indépendance pour l'ancienne colonie française.

"Votre pays va connaître une nouvelle indépendance qui ne sera plus cette fois la victoire sur le système colonial mais la victoire sur le terrorisme, sur l'intolérance et sur le fanatisme, voilà votre indépendance ! ", a-t-il dit.

Richard Valdmanis, avec Marine Pennetier à Paris, édité par Pascal Liétout

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