Pour Fillon, la présidentielle ne peut pas se résumer à la sécurité

le , mis à jour à 13:37
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    PARIS, 27 août (Reuters) - L'élection présidentielle n'est 
pas le choix d'un "super-ministre de l'Intérieur", déclare 
samedi François Fillon, qui juge que les questions de sécurité 
ne doivent pas "occulter" l'économie, dans une critique à peine 
voilée de Nicolas Sarkozy. 
    L'ex-chef de l'Etat, officiellement entré en campagne pour 
la primaire à droite lundi, s'est posé jeudi, lors de son 
premier meeting, en chantre de la sécurité et en défenseur de 
l'identité française face à une politique migratoire "qui n'a 
plus aucun sens".  ID:nL8N1B65F0  
    "L'élection présidentielle ne peut pas se résumer à un débat 
sur le terrorisme", déclare François Fillon dans un entretien au 
Monde, publié à la veille de sa rentrée politique dans la 
Sarthe. 
    "C'est le choix de l'avenir de notre pays, d'un modèle de 
société, pas le choix d'un super-ministre de l'Intérieur. La 
libération de l'économie est tout aussi centrale que la lutte 
antiterroriste", ajoute-t-il, appelant à ne pas "occulter" 
certaines questions fondamentales comme le chômage, en 
privilégiant des débats comme celui sur le placement en centre 
de rétention de personnes fichées "S".  
    Pour François Fillon, en quatrième position des intentions 
de vote à la primaire de la droite, derrière Alain Juppé, 
Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire, selon un sondage Odoxa-Dentsu 
pour BFMTV et Le Parisien publié samedi, l'ex-chef de l'Etat ne 
propose "rien de très nouveau".  
    "Même ton, mêmes thèmes et trop de demi-mesures", dit-il au 
Monde. "Pour redresser la France, nous n'avons pas seulement 
besoin de symboles identitaires mais aussi de marqueurs 
économiques." 
     
    POUR UN DIALOGUE FERME AVEC L'ISLAM 
    L'ancien Premier ministre n'épargne pas non plus le favori 
des sondages, Alain Juppé, "obsédé" selon lui "par le 
rassemblement". "Cela se fait au détriment d'une clarification 
programmatique et idéologique", juge-t-il.  
    François Fillon se dit favorable, comme Nicolas Sarkozy et 
une majorité d'élus LR, à une loi interdisant le port du 
burkini, au lendemain de la suspension par le Conseil d'Etat 
d'un arrêté le proscrivant sur les plages de Villeneuve-Loubet 
(Alpes-Maritimes).  
    "Cette question ne doit pas monopoliser le débat comme cela 
a été le cas avec la déchéance de nationalité", estime-t-il 
toutefois. "Se focaliser sur le burkini nous détournerait du 
vrai sujet : la lutte contre ceux qui sont à l'origine de cet 
intégrisme et la guerre mondiale contre ce totalitarisme." 
    Pour lui, la priorité est d'"enclencher un dialogue ferme et 
intelligent avec l'islam". 
    "Le combat entre la République et les catholiques a été 
violent. Il a abouti à un compromis. Ce travail-là n'a pas été 
fait avec l'islam", déplore François Fillon, pour qui le Conseil 
français du culte musulman (CFCM) a été un "échec total", avec 
une prise de pouvoir des "plus intégristes" et "trop 
d'influences étrangères". 
    Il appelle notamment à un contrôle administratif du culte 
musulman en surveillant les prêches et en interdisant les 
financements étrangers des mosquées. 
 
 (Chine Labbé) 
 
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