Pour éviter la cohue des soldes, réservez sur Internet !

le
0

Il sera plus aisé d'éviter la cohue des soldes qui démarrent mercredi 6 janvier: de nombreuses chaînes de magasins adoptent la possibilité de réserver en ligne un article. Les commerces espèrent ainsi assurer une fréquentation correcte.

L'innovation va-t-elle porter un coup fatal aux images traditionnelles de foules se pressant dans les magasins au premier jour des soldes? La période officielle de vente au rabais qui s'ouvre ce mercredi en France (elle a commencé ce week-end en Lorraine et en Guadeloupe) va en effet initier une nouveauté: il sera dorénavant possible de réserver en ligne les produits que l'on souhaite acheter pour les soldes. Le dispositif existait déjà l'année dernière mais ne concernait que quelques précurseurs. L'ampleur cette année sera tout autre. Soixante-et-onze enseignes (environ 18.000 magasins) ont en effet annoncé la mise en place d'un système d'e-réservations de produits que le consommateur veut acheter et qui seront ensuite récupérables en magasin. Sans surprise, si les entreprises ayant opté pour ce système touchent de nombreux secteurs, c'est dans celui des vêtements que la nouveauté est la plus attendue.

Flexibilité pour le consommateur

Quinze chaînes de magasins (Eram, Cleor, Guy Degrenne, André, la Grande Récré...) vont activer dès ce lundi cette option sur leur site Internet, les autres (Jules, Chevignon, Le Tanneur, Pimkie, Kookaï Naf Naf, Gérard Darl...) mettront en place l'outil entre mercredi, coup d'envoi des soldes pour une période de six semaines, et le lundi 11 janvier. Ceux qui mettent en place le système avant mercredi à 8 heures du matin, ne pourront cependant pas légalement préciser le rabais qu'ils proposeront, celui-ci ne pouvant être affiché que lorsque les soldes commencent officiellement. Les enseignes exigent également un délai de 24 à 48 heures de réservation à l'avance pour que le produit soit disponible au retrait. Et, très bonne nouvelle pour les consommateurs, la réservation ne s'assimile en rien à un achat: si le produit ne convient pas ou ne plaît plus lors de son retrait en magasin, il n'y a aucune obligation d'achat ni pénalités.

Pour le commerçant enfin, cette option est juste une facilité qu'il offre à son client sans changer les obligations liées aux soldes: le produit proposé sur le site doit avoir été en vente au moins un mois, un prix avant et après le rabais doit être indiqué et, contrairement aux mentions parfois affichées, un bien acheté en solde reste échangeable dans la limite des stocks disponibles.

Le système paraît de prime abord contraignant pour les commerçants: il ne garantit pas l'achat du bien réservé, et apporte une contrainte logistique supplémentaire dans une période où les volumes de ventes à gérer sont déjà importants. «Le système est adapté aux possibilité de chaque magasin. Si le commerce ne peut plus assurer ces réservations, le service est suspendu», explique au Figaro Jérémie Herscovic, président de SoCloz, l'entreprise qui centralise le système en ligne de réservation. Qui assure que l'outil «intègre un algorithme qui note aussi la personne qui réserve: si celle-ci ne se présente pas à plusieurs reprises pour voir un produit, elle pourrait ne plus pouvoir utiliser l'option de réservation. Grâce à ce système, nous avons 80% des produits réservés qui sont finalement achetés en magasin».

Les points de vente qui optent pour la formule espèrent surtout que cette facilité permettra de ne pas rater les soldes d'hiver dans un contexte particulièrement morose pour le commerce. Les attentats du 13 novembre dernier ont en effet impacté ce secteur d'activité, et la tension reste palpable.

La période des soldes d'hiver s'étaient déjà mal passées en 2015 après les attaques contre Charlie Hebdo et l'Hyper Casher de la porte de Vincennes à Paris :après un démarrage catastrophique, le chiffre d'affaires sur les cinq premières semaines avait chuté de 16% par rapport à l'année précédente. Le commerce textile souffre également d'une météo trop clémente qui, si elle peut inciter à la consommation dans d'autres secteurs, n'a pas permis d'écouler les stocks de vêtements chauds généralement achetés en prévision de l'hiver. Mais derrière la période économique difficile, Jérémie Herscovic voit surtout la pression croissante des habitudes d'achat issues du e-commerce qui pousse à cette évolution: «Les pratiques des magasins, pour qui mettre un produit de côté n'est pas une démarche naturelle, ont été ringardisées par le commerce en ligne. Les consommateurs n'acceptent plus l'idée de se déplacer dans un magasin si le produit qu'ils recherchent n'y est pas». Et d'assurer que lorsqu'une enseigne utilise avec succès la réservation en ligne de produit, le retour en arrière lui sera sans doute impossible.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant