Pour Deutsche Telekom, la sortie du marché américain s'éloigne

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* L'abandon de Sprint prive l'allemand d'une opportunité de désengagement * Il réalise 20% de ses bénéfices sur le marché américain * La nouvelle stratégie commerciale de T-Mobile US est appréciée * La filiale américaine a encore besoin d'investir par Harro Ten Wolde et Arno Schuetze FRANCFORT, 6 août (Reuters) - Faute de pouvoir vendre ses parts de T-Mobile US TMUS.N à Sprint S.N , ce dernier ayant renoncé face aux obstacles réglementaires, Deutsche Telekom DTEGn.DE doit faire un choix entre rester aux Etats-Unis, ce qui implique d'y investir, ou se désengager, éventuellement en acceptant l'offre d'Iliad ILD.PA . L'action du groupe allemand perdait 3,41% à 11,46 euros en milieu d'après-midi mercredi à la Bourse de Francfort, une baisse qui ampute sa capitalisation d'environ 1,6 milliard d'euros. Le titre avait auparavant touché, à 11,23 euros, son plus bas niveau depuis près de quatre mois, les investisseurs ayant mal accueilli l'abandon de l'offre de Sprint. ID:nL6N0QC013 L'opérateur allemand, qui réalise sur le marché américain environ un tiers de son chiffre d'affaires et 20% de son bénéfice d'exploitation, cherche depuis la fin 2011 à céder T-Mobile US car il estime que sa filiale, numéro quatre de la téléphonie mobile aux Etats-Unis, ne dispose pas de la masse critique nécessaire pour rivaliser avec AT&T T.N et Verizon Communications VZ.N . Deutsche Telekom DTEGn.DE , qui s'est refusé à tout commentaire mercredi, peut désormais choisir d'ouvrir les comptes de T-Mobile US à Iliad, la maison mère de Free, qui lui a proposé 33 dollars par action pour 56,6% de sa filiale. Avant le renoncement de Sprint, le groupe allemand avait refusé l'ouverture de discussions à un prix qu'il jugeait insuffisant et Iliad cherchait des partenaires dans le but éventuel de relever son offre. ID:nL6N0QB5YI A la Bourse de Paris, l'action Iliad chutait de 8%. Certains analystes estiment que Deutsche Telekom pourrait rester sur le marché américain en attendant que le climat politique y soit plus favorable à une consolidation du marché des télécoms, en tentant dans l'intervalle d'obtenir de nouvelles fréquences lors des enchères prévues l'an prochain. "La nouvelle (de l'abandon de Sprint) est un énorme choc pour nous", a déclaré une source proche de la direction de Deutsche Telekom. "C'est le pire des scénarios auxquels nous pouvions penser. La société va maintenant devoir étudier l'offre d'Iliad et elle pourrait même devoir envisager de rester plus longtemps sur le marché américain." PLAN A, PLAN B Pour Andreas Mark, gérant de fonds d'Union Investment, l'un des 20 plus gros actionnaires de Deutsche Telekom, l'échec du projet de Sprint ne bouleversera pas la stratégie du groupe allemand car T-Mobile US est "bien placé" pour assurer une croissance solide. "Il n'y a aucune raison de chercher frénétiquement un acheteur", a-t-il dit. "Le plan A, c'est un développement normal. Le plan B, ce serait la consolidation, et elle devrait finir par avoir lieu." "Accepter l'offre d'Iliad n'aurait un sens que si Deutsche Telekom avait un besoin urgent de liquidités ou s'il avait une meilleure opportunité pour investir cet argent ailleurs. Ce n'est pas le cas", a-t-il ajouté. "Tout ce qu'Iliad pourrait faire pour améliorer la situation de T-Mobile US, Deutsche Telekom peut le faire lui-même." De fait, la politique commerciale plus offensive lancée par T-Mobile US lui a déjà permis de gagner de nouveaux clients au cours des derniers trimestres et d'annoncer la semaine dernière son premier bénéfice net en un an, en même temps que le nombre de nouveaux clients hors forfaits le plus élevé du secteur. "Le statu quo n'est pas si mal pour Deutsche Telekom", juge Hannes Wittig, analyste de JPMorgan. "La décision de sortir des Etats-Unis est difficile à prendre pour n'importe quel patron, surtout au vu de la croissance de T-Mobile US comparée aux pressions persistantes en Europe." Une source proche de Sprint a dit s'attendre à ce que Deutsche Telekom réduise progressivement sa participation dans T-Mobile US (actuellement de 66%) et qu'il ne participe pas aux augmentations de capital nécessaires pour financer l'achat de nouvelles fréquences. Un analyste estime que T-Mobile US aura besoin de cinq à 10 milliards de dollars pour les enchères à venir pour l'attribution de fréquences, organisées par la Commission fédérale des communications (FCC), dont le président Thom Wheeler s'est félicité du désistement de Sprint. Garder quatre grands opérateurs mobiles est "bon pour le consommateur américain", a-t-il dit. T-Mobile et Sprint ont espéré un temps participer ensemble à ces enchères mais la FCC a rejeté l'idée, estimant que des offres communes pourraient "avoir pour effet de réduire notablement la concurrence". (Harro Ten Wolde et Arno Schuetze; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)


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