Pour comprendre l'hydre djihadiste

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Des combattants de l'EI. Dominique Thomas montre comment le djihadisme prospère sur les maux du monde arabe.
Des combattants de l'EI. Dominique Thomas montre comment le djihadisme prospère sur les maux du monde arabe.

Dominique Thomas, chercheur à l'Ehess, publie Générations djihadistes (Michalon, 17 euros). Un livre important qui permet de garder à l'esprit que la menace de l'État islamique ne doit pas occulter la complexité du paysage djihadiste, et qui montre son ancrage profond dans les maux du monde arabo-musulman. Un constat aussi des limites de décennies de contre-terrorisme.

Le Point : Dans votre livre, vous montrez que la disparition d'Oussama Ben Laden n'a pas tellement gêné Al-Qaïda. Pourquoi ?

Dominique Thomas : L'élimination de Ben Laden a évidemment créé un vide sur le plan du leadership. Le charisme et la légitimité de Ben Laden sont toujours difficiles à remplacer au sein d'Al-Qaïda. Son remplaçant, Zawahiri, est quelqu'un de plus renfermé et plus idéologue. Mais Ben Laden et son entourage avaient déjà réfléchi à une transformation structurelle d'Al-Qaïda pour s'adapter aux réalités sociales, économiques et politiques que connaissait déjà le monde arabo-musulman et sa mort n'a pas entravé du tout le processus de transformation d'Al-Qaïda amorcé depuis 2001 et la fin du sanctuaire afghan. Ben Laden est tué en mai 2011 ; il avait déjà tiré les premiers enseignements du Printemps arabe.

Le Printemps arabe avait soulevé beaucoup d'espoirs que la démocratisation des sociétés vienne assécher le...

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