Pour 70% des Français, les transports en commun sont trop chers

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La majorité des usagers des trains, métro, RER, et tram constate aussi une dégradation du service. L'association de consommateur CLCV réclame la généralisation de l'indemnisation des voyageurs en cas de retard.

Les années se suivent et se ressemblent dans les transports en commun. «Problème de prix et de ponctualité: ce sont toujours les mêmes problèmes qui ne sont pas réglés», constate Olivier Gayraud, du service consommation, logement et cadre de vie de l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV). Selon les résultats de son enquête annuelle, menée pour la cinquième année consécutive, 43,7% des utilisateurs de trains, métro, RER et tramway disent subir «souvent des retards». Un chiffre qui témoigne d'une dégradation par rapport à 2014 (40,1%).

De même, 69,1% d'entre eux jugent le tarif des transports en commun «cher» ou «trop cher». «Même si le chiffre a baissé par rapport aux 80% de l'an dernier, il reste conséquent», souligne le porte-parole de la CLCV. Seuls 50,3% affirment que le tarif est justifié par la «ponctualité» de leur moyen de transport, 40,2% disant l'inverse. Pour rappel, la SNCF, principale concernée par l'enquête, a relevé ses tarifs de 2,6% en début d'année.

En plus de trouver les prix trop élevés, les usagers ne les comprennent pas. Seules 32,8% des personnes interrogées qualifient de «claire» l'information donnée sur les tarifications, 35,1% l'estiment «insuffisante» et 23,3% carrément «opaque». Ces dernières années, l'entreprise publique a en effet multiplié les offres pour faire face à la concurrence. Les Prem's, pris à l'avance sur les TGV, les billets de trains iDTGV vendus sur Internet, les billets des trains low-cost Ouigo et autre «happy hour»...pour les usagers, c'est trop. «Accéder au meilleur prix nécessite pour le voyageur d'avoir une parfaite maîtrise de son emploi du temps», ajoute l'association.

L'information fait aussi défaut. Seuls 39,1% des usagers estiment être assez informés des perturbations pour organiser la suite de leur trajet. «Les transporteurs doivent travailler à la délivrance d'une information le plus en amont possible notamment via les multiples canaux modernes», affirme l'association.

Tarifs élevés, retards, manque d'information…face à ces situations, les voyageurs sont encore nombreux à penser qu'ils ne sont pas suffisamment dédommagés. Comme l'an dernier, plus de 63% d'entre eux estiment que les retards de plus de 15 minutes devraient être indemnisés, quel que soit le mode de transport. Car aujourd'hui, les utilisateurs des TER, métro, RER et tram ne bénéficient pas d'une indemnisation en cas de retard. Les utilisateurs des TGV et Intercités quant à eux n'obtiennent qu'une compensation calculée en pourcentage du prix du billet à partir de 30 minutes de retard. Même au-delà de 3h, le billet n'est pas remboursé à 100%. De plus, «le voyageur ne sera indemnisé du retard qu'à la condition qu'il soit imputable à la SNCF. De nombreuses causes de retard privent donc le voyageur de tout droit à indemnisation alors que le préjudice subi reste lui bien réel», dénonce la CLCV.

Face à cette situation qu'elle juge «inacceptable», l'association en appelle à la mise en place d'un principe d'indemnisation systématique de tous les voyageurs en cas de retard. «C'est une demande que nous faisons chaque année et elle n'est pas entendue. La SNCF estime qu'il lui est impossible d'indemniser à une si grande échelle. Mais nous trouvons ça injuste. Le contrat de transport n'est pas respecté lorsqu'il y a des retards et l'usager n'obtient rien. En revanche, lorsque lui ne respecte pas le contrat, il est immédiatement sanctionné. C'est très ennuyeux», explique Olivier Gayraud.

Seul point de satisfaction: l'accueil dans les gares, considéré comme bon par 45% des voyageurs interrogés. «Il y a des petites choses qui sont faites mais on est loin des attentes des voyageurs», tranche le porte-parole de l'association. «La SNCF ferait mieux d'agir en réduisant par exemple ses coûts internes. Car en face, il y a la concurrence des avions, du covoiturage et maintenant des bus. Les Français sont prêts à voyager plus longtemps tant que cela leur coûte moins cher», prévient-il.

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