Possibles "dégâts structurels" dans un stade du Mondial brésilien

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POSSIBLES DÉGÂTS STRUCTURELS DANS UN STADE DU MONDIAL AU BRÉSIL
POSSIBLES DÉGÂTS STRUCTURELS DANS UN STADE DU MONDIAL AU BRÉSIL

par Brian Winter

CUIABA, Brésil (Reuters) - L'Arena Pantanal, un des douze stades qui doivent accueillir la Coupe du monde de football l'été prochain au Brésil, a été sérieusement endommagé par un incendie en octobre dernier, selon un document judiciaire auquel Reuters a eu accès et qui contredit les propos rassurants des autorités.

Dans un rapport de 18 pages rédigé en décembre, le Ministère public du Mato Grosso, une institution judiciaire indépendante, conclut que l'incendie du 25 octobre a provoqué des "dégâts structurels" qui pourraient "compromettre la stabilité générale de l'édifice".

L'incendie, que la police soupçonne d'être d'origine criminelle, avait éclaté sous l'une des deux principales tribunes du stade de 43.000 places en cours de construction dans la ville de Cuiabá.

Le gouvernement brésilien et les autorités du Mato Grosso ont par la suite assuré que le stade n'avait subi aucun dommage structurel.

"Il a jusqu'à présent été impossible d'obtenir des informations fiables", dit Clovis de Almeida, un des procureurs du Ministère public. "Nous ferons en sorte qu'aucun match n'ait lieu (dans cette enceinte) tant qu'elle ne sera pas jugée totalement sûre."

La Fédération internationale de football (Fifa), organisatrice de la Coupe du monde, a dit ne pas être au courant de l'existence de dégâts structurels, ses propres inspecteurs ayant conclu à l'absence de problème grave.

Interrogée samedi par Reuters, la porte-parole de la Fifa à Zürich, Delia Fischer, a cependant déclaré que l'organe du football mondial allait "revérifier" les informations publiées dans le rapport.

TRAVAUX EN RETARD

Le destinataire du rapport, le Secrétariat extraordinaire pour la Coupe du monde (Secopa), l'agence publique brésilienne chargée de superviser la construction du stade, n'a semble-t-il pas tenu compte de ses conclusions.

"Tous les documents en notre possession concluent qu'il n'y a pas eu de dégât structurel", a répété jeudi le chef du Secopa, Mauricio Guimarães.

Le rapport du Ministère public contient des photos qui montrent notamment des piliers en béton complètement rongés par les flammes. "Le manque de résistance de ces éléments pourrait compromettre la stabilité générale de l'édifice", écrit son auteur, l'ingénieur Jonathan Almeida Nery.

Joint au téléphone samedi par Reuters, ce dernier a confirmé les conclusions du rapport et a dit ne pas comprendre le mutisme des autorités. "Même les ingénieurs du site de construction m'ont dit qu'il y avait (des dégâts structurels)", a-t-il déclaré.

Selon Jonathan Almeida Nery, ces dégâts peuvent être "corrigés" à condition d'être pris au sérieux.

Un journaliste de Reuters a pu se rendre samedi dans le stade en construction avec un porte-parole du Secopa et un représentant de la société de construction, Mendes Junior, mais il ne lui a pas été permis d'accéder à la zone endommagée par l'incendie car celle-ci est "en construction".

L'Arena Pantanal est l'un des cinq stades où les travaux, qui devaient s'achever en décembre, ont pris du retard sur le calendrier. La Fifa a menacé d'exclure du tournoi les enceintes inachevées.

Quatre matches du premier tour du Mondial sont programmés à Cuiabá: Chili-Australie le 13 juin, Russie-Corée du Sud le 17, Nigeria-Bosnie le 21 et Japon-Colombie le 24.

Tangi Salaün pour le service français

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