Possible d'aller à nouveau sous les 3000 points?

le
0
Pour Jonathan Benchimol, économiste chez Seven Equities, le marché devrait rencontrer de nouvelles déceptions avec des profits warning en fin d’année. Le CAC pourrait ainsi aller vers les 2600 points d’ici à fin 2008.

Le CAC 40 est passé sous la barre symbolique des 3000 points en fin de semaine dernière. S’agit-il selon vous juste d’une simple incursion ou devons-nous nous attendre à d’autres passages sous les 3000 points ?

Jonathan Benchimol : Nous devrions connaître de nouvelles incursions sous les 3000 points avec une fourchette aux alentours de 2600 à 2900 points. Cela devrait se produire vers le mois de décembre. Il faut attendre en effet les résultats annuels des sociétés et non seulement les résultats trimestriels. La reprise ne pourra intervenir qu’à partir de janvier voire février. D’un point de vue macroéconomique, les craintes les plus inquiétantes sont celles d’une déflation. Ces craintes déflationnistes pourraient rendre les instruments monétaires inefficaces par exemple. Concernant les marchés actions, il faut rester prudent. Ne pas se dire par exemple qu’une valeur est intéressante parce qu’elle n’est pas chère. Si le marché a décidé de dégrader une valeur, c’est qu’il y a des raisons. Il ne faut pas se croire plus fort que le marché. Le lien entre l’économie et la finance est de plus en plus important, il va donc falloir faire attention avant de revenir sur les marchés actions.

Allons-nous connaître de nouvelles déceptions d’ici à fin 2008, sur les résultats annuels notamment ?

J. B. : C’est tout à fait probable. Tous les secteurs ayant un lien étroit avec l’économie réelle devraient souffrir en Bourse. Nous estimons qu’environ 60% des sociétés cotées vont annoncer un profit warning. Le secteur automobile a commencé, devrait suivre le secteur immobilier.

La récession est-elle intégrée par le marché ?

J. B. : Il y a un flou autour du terme récession. Pour certains, il faut 2 trimestres consécutifs de croissance négative, pour d’autres seulement un seul, ou alors 2 trimestres de croissance nulle... En partant d’une définition commune, le pricing de la récession n’est pas véritablement intégré dans les cours. L’avènement de la récession de plus ou moins grande envergure, ajouté à des craintes déflationnistes, va entrainer une nouvelle aversion au risque, voire une baisse plus importante des marchés.

Sommes-nous aujourd’hui à un point d’entrée sur les marchés ?

J. B. : Avec un horizon de 10 ans, les niveaux actuels peuvent être intéressants. En revanche, pour un objectif d’investissement plus court, je recommande plutôt l’attente. A partir du mois de janvier, nous aurons un meilleur aperçu de la situation et des résultats des sociétés. Il vaut mieux prendre le train en route, avec un peu de retard, mais optimiser au mieux son portefeuille.

Quels seront les secteurs les plus attractifs ?

J. B. : Il y a les valeurs de croissance qui présentent un intérêt en phase de récession. Le secteur de la consommation (Carrefour), les valeurs environnementales (Theolia), et les grandes valeurs comme Total, L’Oréal seront à suivre de près. Le secteur hightech sera aussi à privilégier.


Propos recueillis par Lucie Morlot


Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant