Portugal-La présidence promise à la droite, malgré l'alternance

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    par Andrei Khalip 
    LISBONNE, 21 janvier (Reuters) - Les Portugais sont appelés 
aux urnes dimanche pour désigner leur président, qui pourrait 
décider du sort du gouvernement formé par la gauche après le 
séisme politique des législatives de novembre.  
    Marcelo Rebelo de Sousa, membre du Parti social démocrate 
(PSD, droite), que les socialistes et l'extrême gauche ont 
chassé du pouvoir, fait figure d'immense favori et pourrait même 
être élu dès le premier tour.  
    Le dernier sondage de l'institut Eurosondagem publié le 17 
janvier le crédite de 55% des intentions de vote, alors que son 
plus proche rival, le socialiste Sampaio da Novoa, ne recueille 
que 16,8%.  
    Les contraintes budgétaires européennes étant difficiles à 
concilier avec les promesses d'allègement de l'austérité, la 
majorité parlementaire formée par le PS, les communistes et le 
Bloc de gauche a d'ores déjà montré des signes de faiblesse.  
     
    BOMBE ATOMIQUE 
    Pour de nombreux commentateurs, le gouvernement d'Antonio 
Costa n'ira pas au bout de son mandat de quatre ans. Si tel est 
le cas, le chef de l'Etat devra alors jouer les médiateurs en 
vue de la formation d'un nouvel exécutif ou utiliser ce que les 
Portugais appellent sa "bombe atomique", c'est à dire son 
pouvoir de dissolution. 
    Si Anibal Cavaco Silva, le président sortant issu lui aussi 
du PSD, ne s'est pas opposé à l'investiture du gouvernement 
Costa, c'est uniquement par que la Constitution lui interdit de 
dissoudre dans les six mois précédant la fin de son mandat, 
a-t-il lui-même reconnu.  
    Son successeur sera en revanche en droit de le faire à 
compter du 4 avril, c'est à dire six mois après les 
législatives, mais il peut aussi limoger le Premier ministre.  
    Marcelo Rebelo de Sousa n'en a pour le moment pas exprimé 
l'intention et s'est montré plutôt conciliant.  
    "La priorité, c'est de raffermir la stabilité politique, 
l'entente nécessaire pour gouverner. Ce n'est pas le moment de 
diviser", a-t-il déclaré récemment.   
    L'ancien journaliste et homme de télévision, qui se dit "à 
l'aile gauche de la droite", a axé sa campagne sur la justice 
sociale et l'équilibre financier, des thèmes tout aussi chers au 
PS.  
    A gauche, on le soupçonne toutefois de chercher à exploiter 
sa notoriété médiatique pour renouer avec la politique de la 
droite traditionnelle.   
 
 (Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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