PORTRAIT-USA 2016-Hillary Clinton, la vocation du pouvoir

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    par Will Dunham 
    WASHINGTON, 7 novembre (Reuters) - A voir son CV, Hillary 
Clinton est sans conteste l'une des personnalités les plus 
qualifiées pour briguer la présidence des Etats-Unis, mais son 
appartenance au sérail pourrait aussi être un handicap face à un 
Donald Trump aux antipodes. 
    D'autant que sa personnalité divise.  
    Si l'ex-First Lady, passée par le Sénat et le département 
d'Etat, l'emporte mardi face au tonitruant homme d'affaires, 
elle deviendra la première femme à occuper la Maison blanche.  
    A 69 ans, elle est d'ores et déjà la première à avoir obtenu 
l'investiture d'un des deux grands partis américains, huit ans 
après une première tentative infructueuse. Et aucune autre femme 
de président n'avait obtenu de mandat électif avant elle.  
    La polarisation croissante de la scène politique et de la 
société qui a marqué sa carrière se traduit dans l'opinion très 
tranchée que les Américains en ont : solide, compétente et 
parfois visionnaire pour ses partisans, elle est jugée sans 
scrupules et prête à tout pour le pouvoir par ses détracteurs.  
    Favorite incontestée de la course à l'investiture démocrate, 
décrochée en juillet, elle a toutefois été malmenée par un 
Bernie Sanders qui, en se réclamant du socialisme, a tiré parti 
de la lassitude d'une partie de l'électorat envers des 
professionnels de la politique, dont Hillary Clinton est devenue 
l'archétype.  
    Pour en arriver là, elle a toutefois dû résister à de 
multiples assauts républicains, à maintes polémiques, dont celle 
des écarts amoureux de son époux Bill, à des procédures 
judiciaires et, pour finir, à l'affaire de ses courriels 
lorsqu'elle était secrétaire d'Etat.  
    Son combat pour les droits des femmes aux Etats-Unis et dans 
le monde, comme pour la justice sociale et l'accès aux soins lui 
valent l'estime de nombreux démocrates, mais elle n'est pas 
parvenue à gagner la confiance d'une part majoritaire de la 
population américaine.  
    Son passage à la tête de la diplomatie américaine de 2009 à 
2013, sous le premier mandat de Barack Obama, a été marqué par 
les conflits armés de Syrie et de Libye, la crise liée au 
programme nucléaire iranien, l'émergence de la puissance 
militaire chinoise et le retour de la Russie sur le devant de la 
scène internationale.  
    Elle a en outre dû gérer le désengagement de l'US Army en 
Irak et en Afghanistan. Comme beaucoup d'autres, elle s'est 
attaquée en vain au conflit israélo-palestinien.  
    Hillary Clinton briguait déjà l'investiture démocrate en 
octobre 2015, lorsqu'elle a dû répondre pendant 11 heures aux 
questions des parlementaires sur l'attaque du consulat américain 
à Benghazi qui avait coûté la vie trois ans plus tôt à 
l'ambassadeur des Etats-Unis en Libye.  
    Cette audition, ajoutée à celle de 2013 lui a permis de 
désamorcer les critiques des républicains qui l'accusaient 
d'avoir négligé la sécurité du personnel diplomatique.  
     
    "HILLARY LA VÉREUSE" 
    Méfiante envers ses rivaux et les médias, elle reste 
toujours sur ses gardes. "A vrai dire, après toutes ces années 
passées dans le service public, la partie 'service' me paraît 
plus facile que la partie 'public'", a-t-elle reconnu lors de 
son discours d'investiture en juillet à Philadelphie. 
    "Je comprends que certains ne sachent pas quoi faire de 
moi", a-t-elle poursuivi, ce qui n'a pas empêché Barack Obama 
d'en faire un vibrant éloge lors de cette convention démocrate.  
    "Aucune femme et aucun homme - Bill et moi y compris - n'a 
jamais été plus qualifié qu'Hillary Clinton pour exercer les 
fonctions de président des Etats-Unis", a-t-il affirmé.  
    L'affaire des courriels a longtemps jeté une ombre sur sa 
candidature. Ses détracteurs lui reprochent d'avoir eu recours à 
une messagerie privée qnand elle était secrétaire d'Etat, ce qui 
aurait pu nuire à la confidentialité de ses correspondances.  
    Dix jours après l'avoir rouvert avec fracas, le FBI a 
finalement refermé le dossier dimanche et redonné à la candidate 
démocrate un nouvel élan pour aborder la dernière ligne droite 
de la course à présidence.   
    Donald Trump en a fait l'un de ses angles d'attaque favoris 
face à "Hillary la véreuse", qu'il promet de jeter en prison 
s'il est élu mardi. "Enfermez-la !", ont encore scandé dimanche 
soir les partisans de l'homme d'affaires lors d'un des ses 
derniers meetings de campagne.  
    L'intéressée taxe quant à elle son adversaire de racisme, de 
misogynie, d'incitation à la haine et d'évasion fiscale. Elle 
lui reproche ses accointances avec le président russe, Vladimir 
Poutine, et juge sa personnalité incompatible avec les 
responsabilités de président et commandant en chef des armées. 
"Cette femme est tellement détestable", a lancé le magnat de 
l'immobilier lors de leur débat télévisé du 19 octobre.   
    Née à Chicago le 26 octobre 1947, Hillary Rodham Clinton est 
l'aînée d'une famille de trois enfants. Son père, modeste 
entrepreneur, était selon elle "républicain de la tête au pied", 
tandis que sa mère nourrissait en secret des penchants 
démocrates.  
    Après une scolarité dans le public, elle entre en 1965 à 
l'université pour jeunes filles de Wellesley, dans le 
Massachusetts, où elle adhère au Club des jeunes républicains. 
    Son discours de fin d'études, dans lequel elle n'hésite pas 
à improviser pour contester les propos tenus par le sénateur 
venu parrainer sa promotion, lui vaut l'un de ses premiers 
succès publics. 
    La lutte pour les droits civiques et la guerre du Vietnam 
l'éloignent ensuite du camp conservateur. Elle assiste en 1968 à 
la convention républicaine qui voit l'investiture de Richard 
Nixon, mais rallie assez vite les rangs démocrates. 
    C'est à la faculté de droit de Yale, qu'elle s'éprend de 
l'ambitieux étudiant de l'Arkansas qui deviendra son époux. 
Après ses études, elle s'installe à Washington où elle participe 
aux travaux parlementaires liés à la destitution de Richard 
Nixon, qui démissionne en 1974 après le scandale du Watergate.  
     
    "DEUX POUR LE PRIX D'UN" 
    Hillary Clinton rejoint ensuite Bill dans l'Arkansas. Elle 
l'épouse en 1975 et entame une carrière de juriste dans un grand 
cabinet d'avocats. Trois ans plus tard, il est élu gouverneur de 
l'Etat à seulement 32 ans. Leur unique enfant, Chelsea, naît en 
1980.  
    La "première dame" de l'Arkansas devient l'une des avocates 
les plus en vue de Little Rock. Elle est aussi membre du conseil 
d'administration de Wal-Mart, géant de la grande distribution.  
    Le reste du pays la découvre en 1992, quand son mari entre 
dans la course à la Maison blanche. Bill Clinton se présente 
alors aux électeurs en déclarant qu'ils en auront "deux pour le 
prix d'un". Hillary confesse qu'elle n'est pas du genre "à 
rester derrière ses fourneaux".  
    Lorsque le candidat est mis en cause dans une affaire de 
harcèlement sexuel, elle tourne en dérision le titre à succès de 
la chanteuse Tammy Wynette "Stand by Your Man". 
    "Je ne vais pas rester assise là, comme une bonne petite 
femme soutenant son mari à l'image de Tammy Wynette. Si ça ne 
vous ne convient pas, eh bien ne votez pas pour lui !", 
lance-t-elle, apportant de l'eau au moulin des conservateurs qui 
voient en elle une féministe acharnée et une menace pour les 
valeurs traditionnelles. 
    La victoire de Bill Clinton face à George Bush père lui 
ouvre les portes de la Maison blanche, où elle exercera une 
influence sans précédent de la part d'une "First Lady" de 1993 à 
2001. Une réforme de l'assurance maladie, qui ne dépassera pas 
le stade du projet, est même surnommée "Hillarycare".  
    "Les droits de l'homme sont les droits de la femme et les 
droits de la femme sont les droits de l'homme", proclame-t-elle 
en 1995 lors d'une conférence de l'Onu organisée en Chine.  
    Le couple présidentiel fait alors l'objet d'une longue 
enquête pour des investissements immobiliers jugés suspects. 
L'affaire Whitewater ne donnera lieu à aucune poursuite, mais la 
commission indépendante chargée de l'enquête sera à nouveau 
sollicitée pour l'affaire Monica Lewinsky.  
    Vince Foster, conseiller de la présidence et ami proche des 
Clinton, qui est impliqué dans l'affaire, est retrouvé mort en 
1993. L'enquête concluera au suicide.  
    Dans ses mémoires, parues en 2003, Hillary s'insurge contre 
"les théoriciens du complot et les enquêteurs qui ont cherché à 
démontrer que Vince avait été tué pour qu'il taise ce qu'il 
savait de Whitewater".  
    En décembre 1998, Bill Clinton fait l'objet de la deuxième 
procédure de destitution présidentielle de l'histoire des 
Etats-Unis. La Chambre des représentants l'accuse d'avoir menti 
sous serment pour ne pas révéler sa liaison avec Monica 
Lewinsky.  
    Il sera acquitté l'année suivante par le Sénat au terme d'un 
procès jugé stalinien par son épouse, qui parlera de tentative 
de coup d'Etat parlementaire. Elle dira en outre avoir voulu lui 
"tordre le cou", mais décidera de lui rester fidèle. 
    "Tout ce que je sais, c'est que personne ne me comprend 
mieux que Bill et que personne ne me fait rire comme lui", 
écrit-elle dans son livre de 2003 intitulé "Living History". 
    Sortie de son ombre en même temps que de la Maison blanche, 
elle se lance à son tour en politique et devient sénatrice de 
l'Etat de New York moins d'un mois après la fin du mandat de son 
mari. Elle le restera jusqu'en 2009.  
    Elle fait déjà figure de favorite pour l'investiture 
démocrate de 2008, mais c'est Barack Obama qui rafle la mise. 
Huit ans plus tard, il s'investira beaucoup dans la campagne de 
son ex-adversaire. 
    "Ce qui fait la singularité d'Hillary, c'est qu'elle 
continue d'avancer malgré les épreuves, qu'elle ne baisse jamais 
les bras. Elle ne cesse jamais de se battre pour nous, bien que 
nous ne lui en sachions pas toujours gré", a-t-il déclaré en 
septembre. 
 
 (Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par 
Gilles Trequesser) 
 
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  • janaliz il y a 4 semaines

    L'argent qui p.u.e, la représentante des bobos qui n'en ont rien à faire du peuple !

  • charleco il y a 4 semaines

    Hillary à la botte de Wall-Street et du Pentagone.